Diabétiques, plus votre hémoglobine glyquée est basse, plus votre risque d'infarctus est faible

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 14 Octobre 2004 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 16 Octobre 2015 : 14h05
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L'hémoglobine glyquée, marqueur le plus sensible du taux d'imprégnation en sucre de l'organisme, doit être le plus bas possible chez les patients diabétiques. Une étude vient de montrer que son augmentation est parallèle à celle des maladies cardiovasculaires.

Hémoglobine glyquée et glycémie

Les diabétiques connaissent l'hémoglobine glyquée dont le dosage leur est prescrit tous les trimestres pour la surveillance de leur diabète. Ce dosage est préféré à celui de la glycémie à jeun, qui ne reflète que le taux de sucre à un instant donné. Inversement, l'hémoglobine glyquée reflète le niveau de sucre des trois mois précédents.

La glycémie à jeun est toujours prescrite en dépistage, un taux supérieur à 1,26 g/l à deux reprises permettant de diagnostiquer un diabète.

Pourquoi ? L'hémoglobine est le pigment que contiennent nos globules rouges (il leur donne leur couleur rouge). Elle est capable de fixer l'oxygène et permet aux globules rouges de transporter l'oxygène partout dans l'organisme. L'hémoglobine est aussi capable de fixer le sucre, et plus il y a de sucre dans le sang, plus le taux d'hémoglobine glyquée (ou sucrée) est élevé. L'hémoglobine étant disponible dans le sang pendant trois mois (durée de vie des globules rouges), son taux de glycation reflète le taux de sucre dans le sang des trois mois précédents.

Maintenir des taux bas pour prévenir les complications cardiovasculaires

L'hémoglobine glyquée sert donc à surveiller l'efficacité des traitements chez les patients diabétiques et elle doit rester inférieure à 7%. A partir de 8%, il faut envisager d'adapter le traitement.

L'objectif de ce traitement est notamment de réduire le risque de complications cardiovasculaires. Encore faut-il savoir si un bon traitement, efficace sur le taux d'hémoglobine glyquée, permet de réduire effectivement le taux de survenue d'une maladie cardiovasculaire. C'est bien le cas. On a même calculé que chaque augmentation de 1% de l'hémoglobine glyquée correspondait à une augmentation de 15 à 18% du risque de pathologie cardiovasculaire.

Ce résultat confirme à la fois qu'il faut régulièrement effectuer son dosage d'hémoglobine glyquée quand on est diabétique, et qu'il faut également bien équilibrer son diabète pour éviter les complications sur les vaisseaux et sur le cœur.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Jeudi 14 Octobre 2004 : 02h00
Mis à jour le Vendredi 16 Octobre 2015 : 14h05
Source : Selvin E. et coll., Ann Intern Med 2004; 141 : 421-431 et Gerstein HC. Ann Intern Med 2004; 141: 475-476.
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