Deuil : Comment parler de la mort aux enfants

Publié par Jean-Baptiste Magne le Lundi 31 Mai 2010 : 02h00
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À l'occasion de la sortie du livre " Devant la mort : comment répondre aux questions des enfants ", le magazine Psychoenfants a interrogé son auteur, la psychiatre Fanny Cohen-Herlem. Comment aborder cette question délicate auprès des enfants ? Faut-il tout leur dire, quels mots choisir pour parler de la mort aux enfants ?...

PsychoEnfants : Comment aborder la question de la mort auprès d'un enfant ?

Fanny Cohen-Herlem : Commencons par préciser qu'il ne faut en parler que lorsque l'enfant est confronté à la mort, que ce soit de manière directe, avec le décès d'un proche, ou de manière indirecte, lorsqu'il a vu quelque chose à la télévision qui l'a choqué. Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de lui parler de la mort en général, sauf s'il a, lui, envie d'en parler, s'il en exprime le besoin, en posant des questions par exemple.

PE. : Comment expliquer ce qu'est la mort à un enfant ?

F. C.-H. : Il faut lui en parler de manière claire et précise. Les parents peuvent utiliser des termes simples et ne doivent surtout pas en avoir peur. Il ne doit pas y avoir de tabou sur un mot. Ce tabou est généralement posé par les adultes, parce que ca les angoisse de parler de la mort. Les enfants eux sont très crus dans l'emploi des termes. Le fait de dire " Il est parti au ciel " peut être mal compris par l'enfant. Il est alors nécessaire de lui préciser que quand on est au ciel, on n'est plus vivant.

PE. : Les enfants sont-ils suffisamment matures pour " tout entendre " ?

F. C.-H. : On adapte toujours son discours en fonction de l'âge de l'enfant, en prenant bien soin d'utiliser des mots qu'il peut comprendre. Le plus important est de bien saisir ce qu'il demande. Mais cela dépend aussi des capacités personnelles de chaque enfant. Par exemple, un enfant de 3 ans ne sait pas vraiment ce qu'est la mort. Il sait que quelqu'un ou un animal n'est plus là mais il n'a pas encore conscience du caractère définitif de cette disparition. Ce n'est que lorsque l'enfant acquiert la notion du temps, entre 5 et 7 ans environ, que peu à peu il est en mesure d'appréhender la notion de mort.

Publié par Jean-Baptiste Magne le Lundi 31 Mai 2010 : 02h00
Source : Psychoenfant
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