Le couple face au chômage

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 17 Mai 2010 : 02h00
Mis à jour le Lundi 17 Février 2014 : 11h44
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Le chômage est difficile à supporter pour soi. À cause de la perte de revenus et de la nécessité de réduire le train de vie. Pour la place qu'il fait perdre dans une société où l'on est souvent défini par sa profession. Pour l'estime que l'on a de soi. Et pour l'image que l'on donne à l'autre dans le couple. Le chômage a ainsi des répercussions évidentes sur les couples.

Le chômage représente un risque pour le couple

C'est un fait, le chômage fragilise le couple.

L'indice d'instabilité conjugale augmente en cas de chômage. Cet indice correspond au nombre de personnes ayant vécu une rupture conjugale multiplié par 100 et divisé par le nombre de personnes vivant ou ayant vécu en couple.

Pour les hommes ayant un emploi stable, cet indice est de 18,9. Pour les hommes au chômage depuis moins de 2 ans, il est de 38,7 et si le chômage dure depuis plus de deux ans il monte à 43,5.

(sources : enquête INSEE citée par François d'Estais dans son livre "Le couple face au chômage")

Chômage de l'homme, chômage de la femme, des différences nettes

Le chômage d'une femme entraîne lui aussi une instabilité dans son couple, mais de manière moins accentuée que celle d'un homme. Les indices d'instabilité conjugale sont de 30,9 pour moins de 2 ans de chômage et de 36,5 pour plus de 2 ans de chômage. François D'Estais affirme que " dans notre culture, l'identité de l'homme est beaucoup plus liée au travail que celle de la femme. La perte de son travail entraîne donc des conséquences psychologiques plus lourdes. "

Pourquoi un tel impact du chômage sur la solidité du couple ?

Dans un couple, au fil des années, un équilibre subtil se met en place. Chacun organise sa vie en fonction de l'autre, les tâches sont partagées de manière machinale. Rien n'étant statique, les choses peuvent évoluer, mais elles évoluent naturellement lentement. Le chômage introduit un changement très brutal et les équilibres en place chancellent. Les deux partenaires doivent s'adapter à ce changement brutal, et ce n'est pas simple car il s'agit d'un changement négatif subi. Il faut encaisser des changements dans un climat d'anxiété important dû à la peur de ne pas retrouver de travail, de ne pouvoir garder son logement, ou de ne pouvoir offrir des études aux enfants...

Publié par Dr Catherine Solano le Lundi 17 Mai 2010 : 02h00
Mis à jour le Lundi 17 Février 2014 : 11h44
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