Cancer du sein : faut-il revenir à un mode de vie traditionnel ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 09 Avril 2001 : 02h00
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La fréquence du cancer du sein ne cesse d'augmenter. Avec 30.000 nouveaux cas par an en France et 12.000 décès, le cancer du sein est la première cause de mortalité féminine par cancer. Or on constate que le nombre de femmes touchées par ce type de tumeur est bien plus élevé dans les pays industrialisés, comparé aux femmes vivant dans des régions au style de vie plus traditionnel. Partant de ce constat, une étude montre que les conditions environnementales, en particulier nutritionnelle, jouent un rôle prépondérant dans la survenue de cette maladie. La prévention pourrait donc simplement passer par un retour à un mode de vie plus équilibrée.

La prépondérance du cancer du sein chez la femme âgée est particulièrement élevée. En effet, 50% de ces tumeurs surviennent chez les sujets de plus de 70 ans. Les hormones sexuelles (oestrogènes et progestérone) jouent donc très certainement un rôle crucial dans son développement. Par ailleurs, l'équilibre énergétique (le rapport entre la prise calorique et la dépense énergétique) tend à influencer le fonctionnement ovarien et donc les concentrations hormonales. C'est ainsi qu'une équipe polonaise et norvégienne a eu l'idée d'analyser chez des femmes provenant de pays au niveau de vie très différent (Bolivie, Congo, Népal, Pologne, Etats Unis), la relation entre les taux hormonaux et la survenue du cancer du sein. Une fois les données rapportées à la fréquence de la maladie dans chacun des pays respectifs, les auteurs constatent que plus la concentration en progestérone est élevée durant la deuxième partie du cycle menstruel, plus le risque de tumeur du sein est important. Cette corrélation est également observée en fonction de la prise énergétique moyenne dans les pays étudiés. Il existe donc un lien entre la fréquence de cette affection et l'état nutritionnel des populations. Le schéma serait le suivant : le mode d'alimentation influence la sensibilité ovarienne (c'est-à-dire le taux de sécrétions hormonales), laquelle définit le risque de cancer. Ainsi dans les pays occidentaux, diminuer la prise calorique et augmenter l'activité physique pourraient baisser les concentrations d'oestrogènes et de progestérone, et donc réduire le risque de tumeur du sein.Si cette étude porte précisément sur le cancer du sein, il faut savoir que la survenue de tous les cancers s'amenuise en adoptant une alimentation saine et équilibrée avec une bonne hygiène de vie en général.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Lundi 09 Avril 2001 : 02h00
Source : Jasienska G. et Thune I., B.M.J., 2001, 322 : 586.
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