Cancer de la peau : l'espoir de l'immunothérapie

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 18 Septembre 2006 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 28 Janvier 2016 : 18h20
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Le mélanome est un cancer de la peau de très mauvais pronostic quand il est diagnostiqué trop tardivement, au stade des métastases (dissémination des cellules cancéreuses). Un nouveau traitement est très prometteur.

L’immunothérapie des mélanomes

Le Pr Steven Rosenberg, praticien et chercheur au National Cancer Institute américain, est le père de l'usage des interférons et des interleukines chez les patients atteints de mélanomes et de cancers du rein métastasés, c'est-à-dire pour qui ces nouveaux traitements constituaient encore une dernière chance. Peu de temps après, il a ouvert la voie de l’immunothérapie, un traitement ciblé apportant un nouvel espoir aux malades dont les mélanomes étaient réfractaires aux interférons et interleukines.

Depuis, les expérimentations se multiplient avec de nouvelles immunothérapies toujours plus ciblées et donc plus efficaces.

Quel est le principe de l’immunothérapie ?

Lors des premiers essais chez l’homme menés par le Pr Steven Rosenberg, des lymphocytes sanguins normaux (globules blancs) ont été prélevés chez des patients puis modifiés génétiquement afin de les rendre réactifs aux cellules tumorales. Après multiplication en culture, ils ont été réinjectés. Il s'agit donc d'une immunothérapie contre les cellules cancéreuses du malade. Les propriétés ainsi acquises permettent en effet à ces globules blancs d'infiltrer les tumeurs pour mieux les détruire de l'intérieur.

Depuis 2011, l’immunothérapie du mélanome repose sur l’ipilimumab, un anticorps anti-CTLA-4 qui active les cellules déficientes du système immunitaire. Ce traitement s’accompagne de 15 à 20 % de rémissions prolongées. Lorsque des effets secondaires se manifestent (colites, hépatite, éruptions cutanées), le patient est soulagé à l’aide de ­thérapies symptomatiques.

Mais de nouvelles molécules sont à l’étude, comme le lambrolizumab et le nivolumab (des anti-PD-1), qui agissent de façon toujours plus ciblée, c’est-à-dire qu’elles stimulent localement l’immunité, sur le site même des métastases. Selon les études en cours, ces immunothérapies permettent de réduire la taille des métastases chez 38 à 40 % des patients. Les effets sont durables et ces traitements sont assez bien tolérés.

Les progrès sont donc déjà palpables même si des améliorations sont encore attendues, d’autant plus que les molécules d’anticorps peuvent être combinées entre elles pour encore potentialiser ces immunothérapies.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 18 Septembre 2006 : 02h00
Mis à jour le Jeudi 28 Janvier 2016 : 18h20
Source : Morgan et al. Sciencexpress, 31 août 2006.
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