Alzheimer: la démence d'un conjoint augmente le risque de démence pour l'autre

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Lundi 28 Juin 2010 : 02h00
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Les personnes mariées à des patients souffrant de démence voient leur propre risque de développer une démence augmenter très fort. C'est le résultat sans appel d'une nouvelle étude américaine.

La démence plus fréquente chez les conjoints de personnes démentes

Une étude américaine vient de se pencher sur les conjoints de personnes souffrant de démence. Il apparaît que le risque que ces conjoints développent eux-mêmes une démence est six fois plus élevé que pour les autres personnes mariées, du même âge. Le risque augmente plus pour les hommes que pour les femmes. Tous ces résultats ont été obtenus en suivant pendant plusieurs années 1221 couples américains âgés.

Pourquoi la démence d'un conjoint augmente-t-elle le risque de souffrir de démence?

Les raisons pour lesquelles avoir un conjoint dément augmente le risque de souffrir soi-même de démence ne sont pas complètement claires pour l'instant. Les chercheurs pointent cependant plusieurs facteurs du doigt:

  • Les sentiments dépressifs et de deuil entraînés par la progression de la démence chez un proche.
  • La fatigue et le stress entraînés par la prise en charge d'un conjoint dément, a fortiori mais pas seulement si ce conjoint est dépendant.
  • L'exposition aux mêmes facteurs environnementaux (pollution, accès à des services médicaux, conditions de vie etc.) est aussi à envisager, même si son influence n'est pas prouvée.
  • Par ailleurs, d'autres éléments influencent le risque de développer une démence. Le fait d'appartenir à une catégorie socioprofessionnelle plus élevée protège, alors qu'un facteur génétique rend la démence plus probable.

Protéger les conjoints de patients souffrant de démence

Les auteurs de l'étude soulignent cependant un fait important: dans le groupe étudié, seuls 14,8% des personnes dont le conjoint était dément ont développé à leur tour une démence. Certes, cela montre un risque élevé par rapport aux personnes non exposées à la démence (dont seuls 10% devenaient déments) mais ce n'est pas non plus une condamnation sans appel. L'important est maintenant d'aller plus loin dans les recherches, pour confirmer le résultat de cette première étude mais aussi et surtout pour mieux comprendre ce qui lie la démence du conjoint et la démence de la personne elle-même.

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Lundi 28 Juin 2010 : 02h00
Source : Maria C. Norton et al., Journal of the American Geristrics Society, mai 2010
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