L'alcool fait rater la fécondation in vitro

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 04 Juin 2003 : 02h00
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La consommation l'alcool, tant chez la femme que chez l'homme, représente un obstacle majeur à la réussite d'une fécondation in vitro (FIV). Chaque verre compte !

Le tabagisme est déjà bien connu pour réduire les chances de succès d'une FIV. Une équipe de chercheurs vient d'examiner les effets de la consommation de l'alcool, tant maternelle que paternelle, sur l'efficacité de cette technique de procréation assistée.

Plus de 220 couples candidats à une FIV, pour une indication de stérilité féminine uniquement, ont été suivis.Chez la femme

  • L'alcool affecte le nombre d'ovocytes prélevés. Chaque boisson supplémentaire par jour entraîne une diminution de 13% de la quantité d'ovocytes prélevés.
  • Chaque boisson supplémentaire quotidienne durant le mois ou la semaine précédant le traitement, multiplie respectivement par 3 ou 4 le risque de ne pas être enceinte après le transfert d'embryons ou de gamètes.
  • Une boisson supplémentaire, une semaine avant l'insémination, multiplie par deux le risque de fausse-couche.

Chez l'hommeCertes, la consommation d'alcool n'affecte pas les facteurs classiquement étudiés (taux de spermatozoïdes, mobilité, morphologie, nombre d'ovocytes fécondés et transférés), ni l'obtention d'une grossesse. En revanche, d'autres paramètres non négligeables sont modifiés.Le risque d'une naissance non viable est multiplié par 2 ou 8 pour chaque boisson supplémentaire consommée respectivement durant le mois ou la semaine qui précède le traitement.De la même façon, le risque de fausse-couche est multiplié par 3 ou 4 en fonction de l'alcool absorbé durant le mois ou la semaine précédents. Ce chiffre atteint 6 durant la première semaine de traitement et 38 pendant la semaine précédant le recueil du sperme.

En conclusion, l'alcool maternel et paternel affecte sévèrement le processus de reproduction. Tandis que chez la femme, l'alcool réduit le taux d'ovocytes, les chances de grossesses et accroît les fausses-couches, chez l'homme, il augmente aussi les risques de fausses-couches, mais également le nombre de naissances non viables. De bonnes raisons de s'abstenir.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 04 Juin 2003 : 02h00
Source : Fertility and Sterility, 79 (2) : 330-339.
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