Le dangereux effet désinhibiteur de l'alcool

Publié par Dr Agnès Lara le Lundi 11 Février 2002 : 01h00
Les troubles cognitifs induits par l'alcool sont en partie responsables de la désocialisation progressive des personnes alcoolo-dépendantes. Cependant, l'effet désinhibiteur de l'alcool a aussi un impact social important et souvent sous-estimé : il peut générer des conduites violentes ou amener à des dégradations des relations sociales, notamment dans le milieu professionnel.
PUB

L'alcool a de nombreuses conséquences néfastes pour celui qui le consomme mais il en a beaucoup d'autres tant pour la collectivité dans son ensemble que pour ceux ou celles qui auront éventuellement à subir les conséquences de la consommation excessive d'un individu.Certes, l'intoxication éthylique aiguë (ivresse) est la principale cause de la dangerosité sociale de l'alcool, liée principalement à son effet désinhibiteur. A partir de quelle dose cet effet s'exprime-t-il ? La réponse n'est pas univoque, les individus ayant des susceptibilités diverses mais à partir de 0,50 g/l, le comportement peut être modifié. On sait bien que dès ce seuil franchi, le risque d'accident est multiplié par deux mais on sous-estime souvent l'impact social global de cet effet désinhibiteur de l'alcool qui s'exprime aussi sous forme de violences, conjugales ou non, de dégradations des relations au sein du milieu professionnel…

Mais cet effet désinhibiteur de l'alcool n'est pas le seul que ce toxique exerce sur le système nerveux. Les pathologies induites par l'alcool sont nombreuses :

  • Neuropathies périphériques, notamment des membres inférieurs (induisant des troubles de la sensibilité puis de motricité) ou optiques (baisse de l'acuité visuelle, mauvaise perception des couleurs). Ces lésions peuvent régresser totalement lorsque le sevrage alcoolique est précoce.
  • Atteintes du cervelet, se traduisant par des troubles de la marche.
  • Encéphalopathies dont la plus fréquente est celle de Korsakoff survenant au décours d'un syndrome de Wernicke-Korsakoff (paralysies des muscles moteurs des yeux, troubles de la conscience, raideur et trouble de la marche). Ce syndrome est réversible par administration de vitamine B1.
  • Troubles cognitifs : ils affecteraient la moitié des personnes alcoolo-dépendantes et se résument aux troubles de la mémoire à court terme, notamment visuelle, les capacités d'abstraction, la stratégie d'organisation des tâches… Ces troubles cognitifs contribuent à la désocialisation progressive des personnes alcoolo-dépendantes.

Mais cet effet désinhibiteur de l'alcool n'est pas le seul que ce toxique exerce sur le système nerveux. Les pathologies induites par l'alcool sont nombreuses :

Publié par Dr Agnès Lara le Lundi 11 Février 2002 : 01h00
Source : CFES, février 2002
PUB
PUB
A lire aussi
Les alcooliques ont besoin de vitamine B1Publié le 18/05/2009 - 00h00

La vitamine B1 est fréquemment prescrite dans les cures de désintoxication alcoolique. En effet, un apport vitaminé permet d'éviter le développement du syndrome de Korsakoff. Ce syndrome entraîne une détérioration importante du système nerveux central et de la mémoire.

Démence : la maladie d’Alzheimer n'est pas la seule...Publié le 14/04/2014 - 07h00

La maladie d’Alzheimer est la démence la plus connue – c’est logique, parce qu’elle est la plus fréquente. Mais elle n’est pas la seule : il existe de nombreuses autres formes de démence, dont les causes sont nombreuses et variées.

Alcool : votre corps se souvient de chaque verrePublié le 10/11/2004 - 00h00

Les slogans utilisant des critères évasifs tels que « boire avec modération » ou « sans excès » ne sont pas, de toute évidence, assez porteurs pour mettre en garde contre les dangers liés à la consommation d'alcool. Une nouvelle campagne de prévention s'engage autour d'un slogan…...

Plus d'articles