50% des prescriptions d’antibiotiques sont inutiles !

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Vendredi 11 Septembre 2015 : 10h12
Mis à jour le Lundi 16 Novembre 2015 : 12h10

Année après année, nous continuons à surconsommer des antibiotiques, alors même que la moitié de ces prescriptions n’est pas justifiée sur le plan médical. Cinq conseils pour changer notre comportement.

La moitié des prescriptions d’antibiotiques superflue

La France se maintient dans le peloton de tête des pays les plus gros consommateurs d’antibiotiques. La diminution de la consommation à partir des années 2000 (-10,7% entre 2000 et 2013),n’aura pas duré. Celle-ci est repartie à la hausse depuis 2010 et la tendance s’est confirmée en 2013 (+ 5,9%) (1).

Or, dans nombreuses infections courantes, les antibiotiques ne servent à rien ! C’est le cas des bronchites, des angines pour lesquelles on n’a pas fait de Test de Diagnostic Rapide (TDR),des rhinopharyngites, des laryngites, des bronchiolites, de la grippe et de l’asthme.

Pr Robert Cohen, pédiatre infectiologue au Centre Hospitalier intercommunal de Créteil : « La moitié des antibiotiques prescrits concerne pourtant ces maladies, où il n’a pourtant jamais été montré qu’ils avaient un effet bénéfique, chez l’adulte comme chez l’enfant ». Les dernières données en date en novembre 2014 le confirment : les affections des voies respiratoires comptent pour 70% des prescriptions d’antibiotiques, suivies par les infections urinaires et les otites (1).

Moins consulter pour lever le pied sur les antibiotiques

Un constat pourrait faire bouger les choses : moins les médecins prescrivent d’antibiotiques, moins les patients consultent. Et moins ils consultent, moins ils consomment d’antibiotiques. De nombreuses études ont mis en évidence ce cercle vertueux (2) (3).

Pr Robert Cohen : « Lorsqu’une personne malade consulte un médecin et que celui-ci lui prescrit un antibiotique, elle s’imagine qu’elle a bien fait de venir. Si, au contraire, après un examen médical approfondi, le médecin estime inutile de prescrire un antibiotique, alors la personne consulte moins souvent et les prescriptions d’antibiotiques diminuent. La prescription modérée et raisonnée des antibiotiques est un critère de qualité pour le médecin traitant que vous choisirez."

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Vendredi 11 Septembre 2015 : 10h12
Mis à jour le Lundi 16 Novembre 2015 : 12h10
Source : (1) « L’évolution des consommations d’antibiotiques en France entre 2000 et 2013 », rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé/novembre 2014. www.ansm.sante.fr;  (2) Little P BMJ 1997;314:722 ; (3) Little P BMJ 1997;315:350
D’après une interview du Pr Robert Cohen, Pédiatre infectiologue au CHI de Créteil suite aux 1ères Journées de Réflexion Pluridisciplinaire /30 Juin -01 Juillet « ANTIBIOTIQUES : de l’innovation de rupture à la rupture de l’innovation », Paris, organisées par les laboratoires MSD.
A l'occasion de la Journée Européenne d'information sur les antibiotiques, le 18 novembre 2015. www.sante.gouv.fr
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