La verrue est bien contagieuse !

Publié le 02 Août 2000 à 2h00 par Dr Renaud Guichard, chirurgien
Problème cutané très commun, la verrue est une lésion dermatologique bénigne parfois douloureuse, parfois inesthétique dont il est difficile de se débarrasser. La verrue siège principalement sur les mains, les pieds et le visage, et a pour origine différents virus de la même famille appelés «papilloma-virus».
© Istock
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Est-ce une verrue ?

La verrue « vulgaire » siégeant sur les doigts et le dos des mains mais parfois aussi sur les coudes et les genoux, et la verrue « plantaire » siégeant sur la plante des pieds sont les verrues les plus connues. Elles sont dures et irrégulières, uniques ou multiples, brunes ou grisâtres. Sur la plante des pieds elles sont souvent plates, se manifestant par une zone dure et douloureuse.

Les verrues « planes » ont une couleur rosée, elles sont légèrement saillantes et se trouvent surtout sur le visage, les mains et les doigts.

Les verrues sont-elles contagieuses ?

Les verrues sont des manifestations cutanées de virus. Elles sont donc contagieuses. Elles peuvent s'attraper par contact direct ou indirect (bord de piscine, contact avec du linge de toilette), mais également par «auto-contamination» (grattage). Il convient donc d'éviter de marcher pied nu sur le bord des piscines et il est préférable de ne pas partager sa serviette !

Faut-il consulter à l'apparition d'une verrue ?

D'une manière générale devant l'apparition récente d'une lésion cutanée, ou la modification récente d'une lésion ancienne connue, il faut consulter son généraliste ou un dermatologue. En effet, on n'est jamais certain qu'il s'agisse d'une simple verrue. Par ailleurs une fois le diagnostic établi, le médecin consulté pourra expliquer la marche à suivre, proposer un traitement et parfois l'effectuer lui-même.

Faut-il faire enlever une verrue ?

Il n'est pas obligatoire de traiter ou de faire enlever une ou des verrues dans la mesure où il s'agit de lésions bénignes qui peuvent disparaître d'elles-mêmes et si elles ne sont ni douloureuses ni inesthétiques. En effet, l'apparition des verrues est parfois liée à un état de fatigue ou de stress et leur disparition peut être spontanée (en général dans l'année ou les deux ans qui suivent leur apparition). Il faut cependant considérer qu'il s'agit de lésions contagieuses à la fois pour soi-même (par auto-contamination) et pour les autres.

Comment traiter une verrue ?

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Au stade de début et quand le diagnostic est établi, le traitement le plus facile à mettre en oeuvre est l'application locale de produits à base d'acide salicylique. L'acide salicylique détruit la couche cornée de l'épiderme qui forme la partie superficielle de la verrue.

Le dermatologue peut également détruire la verrue par application de froid (cryothérapie à l'azote liquide) ou parfois par laser (technique couteuse qui laisse une cicatrice dans 50% des cas).

Quand ces solutions sont insuffisantes ou en cas de verrue volumineuse, il faut envisager la chirurgie : ablation chirurgicale de la verrue par curetage (risque de cicatrice douloureuse).

La verrue peut-elle revenir ?

Oui, parce que la lésion traitée n'est que la manifestation superficielle du virus, qui reste à l'état latent dans l'organisme. La verrue peut réapparaître secondairement à l'occasion d'une maladie ou d'une grande fatigue.

Une catégorie de verrues à part : les verrues génitales, condylomes génitaux ou « crêtes de coq »

Ces verrues, également liées à des papillomavirus, sont uniquement transmises par contact sexuel. Elles se présentent sous la forme d'excroissances de chair touchant généralement les organes génitaux externes (vulve, pénis, testicules) et parfois la muqueuse du vagin, le col de l'utérus, l'urètre, l'intérieur de l'anus. Ces lésions sont très contagieuses et doivent plus que les autres verrues être traitées, surtout au niveau du col de l'utérus, car l'un des papillomavirus en cause peut favoriser le développement d'un cancer du col de l'utérus. Les traitements sont chimiques (applications de produits locaux), physiques, chirurgicaux ou immunomodulateurs. Il faut également penser à faire traiter le partenaire pour éviter les récidives. La prévention existe : elle repose sur la vaccination contre les papillomavirus.

Source : Manuel Merck de Diagnostic et Thérapeutique. Editions Sidem Frison-Roche