Ver de l'œil : tout savoir sur la thélaziose et ses symptômes

Publié par Freya Yophy
le 30/03/2026
yeux
Istock
Un cas impressionnant de thélaziose oculaire à Pékin relance l'alerte sur ce "ver de l'œil" transmis par les mouches, une infection qui se propage désormais en milieu urbain.

Longtemps cantonnée aux zones rurales asiatiques, l'infection par Thelazia callipaeda suscite de nouvelles inquiétudes. Sa présence grandissante en Europe, notamment dans le sud de la France, impose une vigilance renforcée face à ce parasite atypique.

Comprendre le cycle du parasite

Le parasite Thelazia callipaeda est un ver blanchâtre mesurant entre 10 et 17 mm de long. Sa transmission repose sur un vecteur étonnant : la mouche de l'espèce Phortica variegata

Fait insolite, seuls les mâles transmettent la maladie, car ils recherchent activement les protéines contenues dans les larmes pour assurer leur propre développement. 

En s'abreuvant des sécrétions lacrymales, la mouche dépose des larves infectieuses directement sur la conjonctive de l'œil humain ou animal.

La propagation inattendue en milieu urbain

Un récent rapport médical datant de mars 2026 détaille le cas d'une patiente de 41 ans, employée de bureau à Pékin. Les médecins ont extrait quatre vers vivants de son œil. 

Cette infection témoigne d'une mutation des habitudes du parasite. Historiquement rurale, la thélaziose touche de plus en plus de citadins, représentant 34 % des cas recensés en Chine entre 2014 et 2023. Les animaux domestiques, comme les chiens et les chats, servent d'hôtes intermédiaires et favorisent la persistance de l'infection dans nos villes. 

Sachez toutefois qu'une transmission directe d'un chien infecté à l'homme reste impossible sans l'intervention de la mouche.

Repérer les symptômes de l'infection

Les premiers signes de la maladie se manifestent par une sensation de corps étranger, un larmoiement excessif, des démangeaisons et des rougeurs persistantes. 

Ces manifestations entraînent une forte confusion médicale. L'infection est souvent prise à tort pour une simple conjonctivite ou une allergie saisonnière. 

En l'absence de soins, la prolifération des vers expose le patient à un risque de kératite, d'ulcères cornéens ou de cécité. Consultez immédiatement un ophtalmologue si ces symptômes résistent aux collyres classiques.

Traiter le ver et s'en protéger

Le protocole de soin exige le retrait manuel des vers à l'aide d'une pince fine sous anesthésie locale. Le médecin procède ensuite à un rinçage minutieux au sérum physiologique. Ce geste peu douloureux évite généralement les séquelles visuelles s'il est réalisé rapidement. 

Des collyres antibiotiques ou antiparasitaires complètent l'intervention pour éliminer les larves microscopiques restantes et éviter une surinfection.

Pour prévenir cette infection au quotidien, vous pouvez appliquer plusieurs règles simples :

  • Utilisez des répulsifs adaptés pour vous protéger contre les mouches au printemps et à l'automne.
  • Maintenez une hygiène des mains rigoureuse après vos activités en extérieur.
  • Surveillez régulièrement la santé oculaire de vos animaux de compagnie pour casser le cycle de transmission.
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