Vaccination contre le méningocoque : comment convaincre les parents ?
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Méningites à méningocoque, le signal d’alarme est tiré

Le tableau des méningites à méningocoque C est nettement plus inquiétant. Le vaccin contre le méningocoque C a beau être recommandé et remboursé depuis 2010 chez les 1 à 24 ans, la vaccination ne décolle pas. Or, en deçà d’une couverture vaccinale suffisante de la population, on expose l’ensemble des individus à la circulation de la bactérie, d’où la nécessaire "immunité de groupe" pour protéger les plus faibles et ceux qui ne sont pas vaccinés. Dans les chiffres, la couverture vaccinale contre le méningocoque C est largement insuffisante : en 2015, 70% des 24 mois étaient vaccinés, 23% des 15-19 ans et 6,6% des 20-24 ans seulement.

On est loin du compte pour une protection individuelle et collective ! En conséquence, les méningites à méningocoque C augmentent de façon préoccupante chez les personnes non vaccinées. Rien qu’en 2015, 469 infections invasives à méningocoque ont été déclarées, généralement avant l’âge de 5 ans et chez le jeune adulte avant 25 ans avec 11% de létalité (décès). Parmi ces cas, 118 sont dus au méningocoque C avec 13% de létalité.

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Pr Muhamed-kheir Taha, de l’Unité des Infections bactériennes Invasives, Institut Pasteur (Paris) : « Adultes jeunes, vaccinez-vous ! Protégez-vous et vous protégerez ainsi les moins de 1 ans. L’exemple des Pays-Bas est parlant : la maladie a rapidement reculé avec plus de 90% des 1-18 ans vaccinés mais également chez les moins de 1 an non-vaccinés. »

Méningites, reconnaître les signes de l’urgence absolue

Certains signes de gravité évoquent une méningite, une situation d’extrême urgence :

  • Le premier des signes est "mon enfant n’est pas comme d’habitude".
  • Un accès brutal de fièvre ; une fièvre élevée.
  • Des maux de tête (céphalées) associés à l’impossibilité de supporter la lumière (photophobie).
  • Une raideur dans la nuque.
  • Des nausées et vomissements.
  • Une éruption cutanée : purpura (le Purpura Fulminans est la forme la plus sévère). Ce sont des taches rouges ou violacées sous la peau dues à des hémorragies. Le test à la vitropression est utile. Il consiste à appuyer sur une lésion de la peau avec une lame de verre transparente afin de chasser le sang des vaisseaux de la zone comprimée. Si les lésions ne disparaissent pas, c’est bien un purpura (sortie des globules rouges hors des vaisseaux). En cas de purpura, le risque de décès est plus élevé (létalité de 31% pour les cas de purpura fulminans dus au sérogroupe C).
  • Des signes que l'apport sanguin artériel à un organe (ischémie) diminue comme les extrémités froides des membres.
  • Des douleurs au niveau des cuisses et de l’abdomen.
  • Un état de somnolence et de confusion chez l’adulte. Une apathie, l’absence de réaction aux stimulations chez le petit enfant.
  • Des courbatures.
  • Un choc cardiorespiratoire brutal (collapsus) indique que la bactérie colonise l’ensemble de l’organisme (septicémie).
  • Des convulsions, un coma.
 
Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mardi 23 Août 2016 : 11h27
Mis à jour le Jeudi 01 Septembre 2016 : 11h36
Source : D’après une conférence de presse « Prévention vaccinale contre les méningites » juin 2016 (Paris), organisée par le laboratoire Pfizer et l’interview du Pr Taha, de l’Unité des Infections bactériennes Invasives, Institut Pasteur (Paris).
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