Un nouveau type de neurones découvert dans le cerveau humain

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Des neuroscientifiques ont découvert l’existence de nouveaux neurones. Pour le moment, ces cellules du cerveau ont été uniquement observées chez l’humain.

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Ils portent le nom d’un arbuste épineux et confère au cerveau humain une nouvelle singularité. Les neurones d’églantier, qui doivent leur nom à leur aspect buissonneux, viennent d’être découverts par des chercheurs en neurosciences de l’université de Szeged (Hongrie) et de l’Institut Allen pour les Sciences du Cerveau à Seattle (Etats-Unis). Ils publient leur étude dans la revue Nature Neuroscience le 27 août 2018. Principale particularité de ces neurones : ils sont présents chez l’humain mais n’ont jamais été observés chez la souris et autres rongeurs de laboratoire.

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© Service de presse© Boldog, et al.; Nature Neuroscience.

Des neurones qui freinent spécifiquement d’autres neurones

A l’origine de cette découverte : l’observation post mortem du tissu cérébral de deux hommes décédés dans la cinquantaine et qui avaient fait don de leur corps à la science. Les neurones d’églantier ont été repérés dans la couche supérieure du cortex, la région la plus externe du cerveau qui occupe une grande part de cet organe chez l’humain.

Selon les chercheurs, les neurones d’églantier appartiendraient à la classe des neurones inhibiteurs. Leur rôle serait donc de freiner l’activité des autres neurones et cela de manière extrêmement précise. Ainsi, les neurones d’églantier ne s’attachent qu’à une partie spécifique des neurones qu’ils veulent freiner, indiquant qu’ils pourraient contrôler le flux d’information qui circulent entre les neurones de manière très spécialisée. "Si vous imaginez l’ensemble des neurones inhibiteurs comme les freins d’une voiture, les neurones d’églantier laisseraient votre voiture s’arrêter à des endroits très particuliers de votre route. Ils ressemblent à des freins qui ne fonctionnent que devant l’épicerie, par exemple, et toutes les voitures (ou tous les cerveaux d’animaux) n’en possèdent pas" commente le docteur Gábor Tamás, co-auteur de l’étude, dont les propos sont rapportés dans un communiqué de l’Institut Allen. Il ajoute : "La voiture - ou les types de cellules - participant au trafic d’un cerveau de rongeur ne peuvent pas s’arrêter à ces endroits."

Mieux comprendre les troubles neuropsychiatriques

Si les neuroscientifiques ont trouvé la spécificité de ces neurones, ils ne comprennent pas encore toutes les subtilités liées à ces cellules. Et leur absence chez les rongeurs montre bien toute la difficulté de modéliser des maladies cérébrales humaines chez les animaux de laboratoire, constate le docteur Gábor Tamás. La prochaine étape de ces chercheurs sera donc d’analyser les neurones d’églantier dans des échantillons de cerveau de personnes décédées qui présentaient avant leur mort des troubles neuropsychiatriques. Cela leur ouvrira peut-être des nouvelles voies de compréhension des troubles neurologiques et les conduira sur la fascinante piste du propre de l’homme.

Publié le 30 Août 2018
Auteurs : Laurène Levy, journaliste santé
Source : Transcriptomic and morphophysiological  evidence for a specialized human cortical GABAergic cell type.
Voir + de sources
Bolodg et al., Nature Neuroscience, 27 août 2018
Scientists identify a new kind of human brain cell, Communiqué de l'Institut Allen pour les Sciences du Cerveau, 27 août 2018
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