Le traitement hormonal substitutif de la ménopause augmenterait le risque de lupus

La prévention de l'ostéoporose grâce au traitement hormonal substitutif de la ménopause est un vrai progrès, mais l'apparition du lupus érythémateux disséminé peut représenter dans certains cas une limite à l'utilisation de ces médicaments.
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Le lupus érythémateux disséminé (LED) est une maladie de cause inconnue au cours de laquelle les tissus et les cellules sont lésés par les propres anticorps de l'organisme. Cette maladie touchant principalement les femmes, évolue par poussées entrecoupées de périodes de répit relatif. Si les symptômes généraux prédominent (fièvre, malaise, fatigue, anorexie et perte de poids), cette maladie peut atteindre la plupart des grands systèmes corporels comme les articulations, les muscles, la peau, les reins, les nerfs, le cœur, les vaisseaux, les poumons, les intestins et aussi les yeux.Le traitement hormonal substitutif (THS) a des effets bénéfiques manifestes pour une femme ménopausée. Il permet en effet de prévenir l'ostéoporose et d'améliorer nombre de symptômes comme les bouffées de chaleur, l'atrophie vaginale, etc. Une certaine controverse existe néanmoins à propos d'un risque légèrement augmenté de phlébite ou d'infarctus du myocarde, mais divers travaux ne semblent pas confirmer cette hypothèse.Une étude récente fait le lien entre le THS et les poussées de lupus. En effet, à âge égal, une femme en cours de traitement a 2,5 fois plus de risque de développer un lupus et ce risque s'accroît encore avec la durée du traitement. Cette menace ne s'annule pas à l'arrêt des prises hormonales puisque le simple fait d'avoir déjà été traitée double quasiment les chances de faire une poussée.Une femme touchée par un LED est d'autant plus sujette à l'ostéoporose que son traitement comprend des corticoïdes. Dans ce cas, l'instauration d'un THS lors de la ménopause semble justifié puisque son action préventive sur la perte osseuse est reconnue. Cependant, en cas de lupus, le THS est susceptible de provoquer de nouvelles poussées. L'existence de ce risque doit donc être considéré lors de chaque prescription au cas par cas.

Publié par Dr Stéphanie Lehmann, gérontologue le Lundi 30 Juillet 2001 : 02h00