Stérilet pour homme : l'innovation STEOM du CHU de Lille

Publié par Freya Yophy
le 09/05/2026
contraception homme
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Le projet lillois STEOM promet de révolutionner la contraception masculine avec un dispositif mécanique, sans hormones et réversible, offrant d'ici 2033 une alternative très attendue au préservatif et à la vasectomie.

L'intérêt pour la contraception masculine explose en France, illustré par des vasectomies multipliées par 15 en douze ans pour dépasser les 30 000 interventions en 2022

Porté par le CHU de Lille, le stérilet STEOM répond à cette forte demande en proposant une méthode d'équilibre pour la charge contraceptive au sein du couple, alliant simplicité médicale et innovation entrepreneuriale.

Fonctionnement du stérilet masculin sans hormones

Conçu par le Dr Julie Prasivoravong et l'ingénieure Jessica Schiro, le dispositif STEOM se distingue radicalement des méthodes existantes. Il ne s'agit pas d'un traitement chimique. L'appareil opère une occlusion mécanique des canaux déférents, bloquant le passage des spermatozoïdes sans affecter l'anatomie générale.

Cette approche de conception simple garantit une absence totale de perturbation hormonale. L'homme conserve sa libido, ses capacités d'érection et son équilibre physiologique naturel. 

Contrairement à la vasectomie, souvent perçue comme définitive, cette méthode se veut pleinement réversible. Les premières modélisations démontrent un retour à la fertilité en seulement 48 heures après le retrait du dispositif.

Pose simplifiée pour trois ans de contraception

L'intervention se déroule en ambulatoire et s'intègre facilement dans un parcours de soins urologique standard. La procédure nécessite une anesthésie locale de 15 minutes et une micro-incision scrotale inférieure à un centimètre. 

Le patient ne subit aucun point de suture ni pansement lourd, ce qui minimise les douleurs post-opératoires et facilite la reprise immédiate des activités quotidiennes.

Une fois implanté par un médecin formé, le dispositif offre trois ans de protection contraceptive continue, allégeant considérablement la charge mentale. 

À l'instar du stérilet féminin, le STEOM n'offre aucune protection contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Le coût final du matériel et de l'acte médical sera déterminé à l'approche de son lancement officiel.

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Essais cliniques et calendrier de commercialisation

Le développement de ce projet familial, mené par le Dr Prasivoravong et son frère entrepreneur, implique une collaboration étroite entre le CHU de Lille et l'université de Liège. L'équipe lance les essais précliniques sur le vivant en mai 2026, avant de procéder aux essais cliniques sur une centaine de volontaires humains en France et en Belgique.

Malgré le dépôt d'un brevet et la création d'une start-up fin 2026, la classification en dispositif médical de classe 3 impose des normes réglementaires très strictes. Les futurs utilisateurs devront patienter entre 7 et 10 ans pour une mise sur le marché espérée vers 2033. 

Entre-temps, l'innovation a déjà séduit les instances de santé, remportant une dotation de 10 000 euros pour sa contribution à l'égalité médicale.

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