Pour leurs soins, les Français veulent impliquer plus le pharmacien

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Se rendre plus souvent en pharmacie qu'au cabinet médical : voilà ce que souhaitent les Français. Interrogés par Odoxa, ils veulent confier plus de tâches aux pharmaciens.

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Pharmaciens et pharmaciennes sont des professionnel.le.s de santé comme les autres. Leur rôle dans les soins de la population mérite donc de monter en gamme. C'est en tout cas ce que pensent les personnes interrogées par l'Institut d'études Odoxa pour Le Quotidien du Pharmacien (1).

71 % des sondé.e.s estiment que les titulaires d'officine peuvent occuper une place plus importante dans leur prise en charge au quotidien. C'est particulièrement le cas des jeunes et des personnes souffrant d'une affection de longue durée. Sans surprise, puisque les premiers renoncent régulièrement aux soins faute d'argent, et que les seconds sont régulièrement amenés à prendre des rendez-vous de contrôle.

De fait, se rendre à la pharmacie est un réflexe pour bien des Français.e.s. Six sur dix vont directement à l'officine la plus proche, plutôt que de consulter leur médecin traitant. Les femmes et les jeunes sont particulièrement nombreux à exprimer une telle préférence.

Le pharmacien prescripteur ?

"Les Français comme les pharmaciens sont convaincus du rôle clé de conseil en santé que devrait jouer le pharmacien à l'avenir", analyse dans un communiqué le président d'OCP, Hubert Olivier. Mais de quelles fonctions exactement parle-t-on ?

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Celle qui rassemble le plus patient.e.s et pharmacien.ne.s, c'est la prescription de médicaments. Pour 7 sondé.e.s sur 10, il devrait existe une possibilité de l'ouvrir aux titulaires d'officine. Les concerné.e.s sont encore plus nombreux à le penser. Pour l'heure, seule une modification de l'ordonnance pour délivrer un générique est autorisée.

Au cœur des réclamations, trois classes médicamenteuses couramment utilisées : la codéine – un antidouleur –, les antibiotiques contre les infections urinaires ainsi que certains anti-inflammatoires soumis à prescription.

Ce souhait ne sera pas forcément exaucé : les médicaments à base de codéine sont désormais tous soumis à prescription médicale en raison de mésusages trop fréquents. Quant aux antibiotiques, ils sont excessivement délivrés, ce qui favorise la résistance bactérienne.

Discorde sur les médicaments à l'unité

Soignant.e.s et soigné.e.s s'accordent sur un autre point : l'officine peut être le lieu idéal pour réaliser un bilan de médication. Cette consultation permet de faire le point sur un traitement au long cours – en interrogeant sur les interactions médicamenteuses, les effets indésirables mais aussi le bon suivi de la prescription.

Peu réalisée par les médecins traitants – jamais dans 15 % des cas d'après le sondage –, cette visite est plébiscitée des titulaires d'officine. Ils ont d'ailleurs la possibilité de la pratiquer depuis décembre 2017, grâce à une mise à jour de la convention nationale.

Mais cette belle union se fracture sur la question de la dispensation des médicaments à l'unité. 85 % des sondé.e.s s'y disent favorables tandis que 83 % des pharmacien.ne.s s'y opposent. Et pour cause : cette évolution s'accompagnerait d'une augmentation de la charge de travail, ce qui pourrait se traduire par une perte de revenus.

Cette piste est toutefois à l'étude en ce qui concerne les antibiotiques. En délivrant le nombre exact de cachets nécessaires au traitement, les autorités sanitaires espèrent limiter les abus et les mésusages. Et donc enrayer un peu la résistance bactérienne.

(1) Sondage Odoxa pour Le Quotidien du Pharmacien réalisé par Internet auprès de 982 Français.e.s de 18 ans et plus, ainsi que 400 pharmacien.ne.s titulaires d'officine.

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