Plan Rist 2026 : les chiffres et les modalités concrètes du nouveau tour de vis budgétaire de la Sécurité sociale

Publié par Freya Yophy
le 24/08/2026
ss
Istock
Un nouveau tour de vis budgétaire
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé ce 24 août 2026 un plan d’économies de 1,4 milliard d’euros réduisant la prise en charge des soins dentaires, des médicaments et des transports sanitaires.

Quatre décrets publiés au Journal officiel le 22 août 2026 modifient la répartition de plusieurs dépenses de santé. À compter de 2027, l’Assurance maladie remboursera moins certains soins dentaires, médicaments, dispositifs médicaux et transports sanitaires.

Le gouvernement espère économiser environ 1,4 milliard d’euros en transférant une partie de ces dépenses vers les complémentaires santé. Pour les patients, l’impact dépendra principalement des garanties prévues par leur mutuelle.

Soins dentaires : la part de la Sécurité sociale va diminuer

À partir du 1er janvier 2027, le taux de remboursement de référence de plusieurs consultations et soins dentaires devrait passer de 60 % à 50 % de la base fixée par l’Assurance maladie.

Cette diminution pourra notamment concerner certains soins courants, comme le détartrage ou le traitement d’une carie. La part non remboursée par la Sécurité sociale, appelée ticket modérateur, augmentera donc.

Pour une personne couverte par un contrat de complémentaire santé responsable, cette différence devrait généralement être prise en charge par la mutuelle. Les patients sans complémentaire ou disposant de garanties limitées risquent en revanche de supporter un reste à charge plus important.

La réforme ne signifie pas que toutes les prothèses dentaires seront automatiquement remboursées à 50 %. Leur prise en charge dépend toujours du panier auquel elles appartiennent :

  • le panier 100 % Santé, sans reste à charge sous certaines conditions ;
  • le panier aux tarifs maîtrisés ;
  • le panier aux tarifs libres.

Avant un traitement prothétique, le chirurgien-dentiste doit remettre un devis précisant les différentes solutions disponibles.

Médicaments : certains remboursements tomberont à 5 ou 15 %

La réforme cible les médicaments dont le service médical rendu est considéré comme faible ou modéré par la Haute Autorité de santé. Cette évaluation tient notamment compte de leur efficacité, de leurs effets indésirables et de leur place dans la stratégie thérapeutique.

Dès le 1er janvier 2027 :

  • les médicaments à service médical rendu faible, actuellement remboursés à 15 %, pourront l’être autour de 5 % ;
  • ceux dont le service médical rendu est modéré, actuellement pris en charge à 30 %, pourront être remboursés à 15 %.

Les quelque 4 000 médicaments considérés comme les plus efficaces, actuellement remboursés à 65 % ou à 100 %, ne sont pas concernés par cette diminution.

Un faible niveau de remboursement ne signifie pas nécessairement qu’un médicament est dangereux ou totalement inefficace. Il indique que son intérêt thérapeutique est jugé limité par rapport à d’autres solutions. N’interrompez jamais un traitement sans en parler au médecin ou au pharmacien, même si son taux de remboursement évolue.

Transports sanitaires : une prise en charge ramenée à 50 %

Le remboursement des transports sanitaires non exonérés doit également passer de 55 % à 50 % au 1er janvier 2027. Cette mesure concerne notamment certains trajets réalisés en ambulance, véhicule sanitaire léger ou taxi conventionné.

Les critères permettant d’obtenir une prise en charge seront par ailleurs harmonisés à partir du 1er octobre 2026. Le transport devra rester médicalement justifié et prescrit dans les conditions prévues par l’Assurance maladie.

Les patients atteints d’une ALD exonérante pourront continuer à bénéficier d’une prise en charge intégrale pour les transports directement liés à leur maladie, à condition de respecter les critères médicaux et administratifs applicables.

Les patients en ALD resteront-ils remboursés à 100 % ?

Les décrets préservent la prise en charge à 100 % pour les personnes bénéficiant d’une affection de longue durée exonérante. Cette protection concerne toutefois uniquement les soins en rapport direct avec l’ALD.

Le remboursement à 100 % est par ailleurs calculé sur la base tarifaire de la Sécurité sociale. Il ne couvre pas nécessairement :

  • les dépassements d’honoraires ;
  • les prestations non remboursables ;
  • certains suppléments de confort ;
  • les soins sans rapport avec l’affection reconnue.

Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire sont également protégés contre une augmentation du reste à charge dans le périmètre prévu par les textes.

Les cotisations des mutuelles vont-elles augmenter ?

La réforme transfère une partie des dépenses de l’Assurance maladie obligatoire vers les organismes complémentaires. Ces derniers devront donc rembourser davantage de frais pour les assurés disposant d’un contrat couvrant le ticket modérateur.

Une augmentation des cotisations des mutuelles est possible lors des prochaines révisions tarifaires, mais elle n’est pas automatique et son montant dépendra de chaque organisme, du contrat souscrit et du profil de l’assuré.

Avant 2027, il peut être utile de vérifier :

  • le niveau de remboursement des soins dentaires ;
  • la couverture des médicaments faiblement remboursés ;
  • les conditions applicables aux transports sanitaires ;
  • les garanties proposées pour les dispositifs médicaux.

Les personnes sans complémentaire santé seront les plus directement exposées à ces baisses de remboursement. Elles peuvent vérifier leur éventuelle éligibilité à la Complémentaire santé solidaire auprès de leur caisse d’assurance maladie.

 

Source : Journal officiel : soins dentaires, médicaments, dispositifs médicaux et transports sanitaires.

 
Voir les commentaires