Phil Collins : le récit de son combat vital contre l'alcoolisme et la défaillance multi-organes

Publié par Freya Yophy
le 09/08/2026
phil colins
abacapress
Photo d'illustration
À 75 ans, Phil Collins révèle avoir frôlé la mort suite à une grave addiction à l'alcool ayant provoqué la défaillance de ses organes vitaux.

Une descente aux enfers silencieuse

Dans une interview publiée le 2 août 2026 par le Sunday Times, l’ancien chanteur et batteur de Genesis revient sur une période dont il a longtemps gardé peu de souvenirs. Après une rechute dans l’alcool, Phil Collins a été admis en soins intensifs en décembre 2023, avant de passer au total sept mois à l’hôpital.

L’artiste raconte qu’il buvait parfois du vin dès son réveil, sans mesurer pleinement la gravité de sa dépendance. Son état a atteint un point critique au printemps 2024. Ses cinq enfants ont alors été appelés à son chevet, tandis que les médecins et sa famille s’interrogeaient sur son maintien sous assistance vitale.

À 75 ans, il reconnaît désormais le lien entre cette consommation incontrôlée et la dégradation brutale de sa santé. Cette prise de parole contribue à lever le tabou entourant la dépendance à l’alcool chez les personnes âgées.

Quand plusieurs organes commencent à défaillir

« Mes reins lâchaient, mes organes s’arrêtaient. Des gens venaient me dire adieu », confie le musicien dans son entretien au Sunday Times.

Cette formulation ne permet pas d’établir précisément son diagnostic. Une consommation chronique et massive d’alcool peut toutefois endommager simultanément plusieurs systèmes : le foie, le pancréas, le cœur, le cerveau, les reins et les défenses immunitaires. Elle augmente également le risque d’infection, de dénutrition, de chute et d’interaction avec certains médicaments.

Avec l’âge, la diminution de la masse musculaire et de la quantité d’eau corporelle peut entraîner une alcoolémie plus élevée pour une consommation identique. Les maladies chroniques, notamment le diabète et les troubles cardiovasculaires, ainsi que la prise de plusieurs traitements, renforcent encore cette vulnérabilité. Le NIAAA, organisme sanitaire américain, souligne ainsi que les effets de l’alcool peuvent apparaître plus rapidement et plus intensément chez les seniors.

Pourquoi les signes passent parfois inaperçus

Chez une personne âgée, une dépendance ne se manifeste pas toujours par une ivresse visible. Certains symptômes peuvent être confondus avec les effets du vieillissement ou d’une maladie déjà connue :

  • chutes ou pertes d’équilibre répétées ;
  • troubles de la mémoire et confusion ;
  • perte d’appétit ou amaigrissement ;
  • sommeil perturbé ;
  • anxiété, irritabilité ou isolement ;
  • ecchymoses inexpliquées ;
  • négligence de l’hygiène ou des traitements.

Une fatigue persistante, une jaunisse, des vomissements répétés, une confusion brutale ou une diminution importante des urines nécessitent une évaluation médicale urgente.

Le sevrage doit être médicalement encadré

Phil Collins affirme ne plus avoir consommé d’alcool depuis cette hospitalisation. L’abstinence peut être indispensable dans une situation de dépendance sévère ou lorsque certains organes sont atteints. Elle ne constitue toutefois pas, à elle seule, l’ensemble du traitement.

Chez une personne dépendante, arrêter brutalement sans assistance médicale peut être dangereux. Le sevrage peut provoquer des tremblements, une agitation, des hallucinations ou des convulsions. La prise en charge repose donc sur un accompagnement médical, psychologique et social, parfois associé à des médicaments destinés à prévenir le manque ou les rechutes. L’Assurance Maladie recommande de préparer cette démarche avec un médecin, un addictologue ou un centre spécialisé.

Le témoignage de Phil Collins rappelle enfin qu’il n’est jamais trop tard pour demander de l’aide. Réduire ou arrêter sa consommation apporte des bénéfices à tout âge, y compris après 65 ans. Les personnes concernées et leur entourage peuvent contacter Alcool Info Service au 0 980 980 930, de 8 heures à 2 heures, sept jours sur sept.

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