Personnalité de " type A " et personnalité dépressive

Les personnes dites de « type A » sont hyperactives, impatientes, exigeantes vis-à-vis d'elles-mêmes et des autres. Le profil type est celui du « jeune cadre dynamique » dont le stress et l'ambition sont chez lui les deux moteurs les plus puissants. D'une certaine façon, la personnalité de type A choisit de gouverner le monde. A l'inverse, la personnalité dépressive a plutôt tendance à porter le poids du monde sur ses épaules. Il n'est alors pas étonnant qu'elle vive plutôt au ralenti et qu'il lui soit si difficile de se projeter dans l'avenir.
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La personnalité " de type A " n'a pas de temps à perdre

La vie d'une personne dont on dit qu'elle a un « comportement de type A » ressemble à une véritable course contre la montre. Elle est toujours pressée, stressée. Elle déborde d'activités et souvent de responsabilités qu'elle assume d'ailleurs avec virtuosité, sachant prendre rapidement les décisions utiles. Elle est animée par un esprit de compétition et quels que soient les domaines de sa vie, elle aime à se lancer des défis. Et quand elle ne se lance pas elle-même des défis, sa vision du monde fait qu'elle en rencontre inéluctablement sur son chemin. C'est par exemple avec la même force qu'elle va négocier son prêt immobilier, que se faire rembourser les 50 centimes d'euros de réduction qui n'ont pas été décomptés à l'achat d'un paquet de café.Avant même que les psychologues s'intéressent à elles, ce sont les cardiologues qui ont été interpellés par ces personnalités. En effet, le stress est leur plus puissant moteur au point que l'attaque cardiaque les guettent parfois dans leur plus jeunes années. D'ailleurs, depuis quelque temps, des programmes de gestion du stress leurs sont proposés, afin de leur apprendre à prendre du recul par rapport aux évènements, à relativiser, à réduire leur agressivité. L'objectif n'est évidemment pas de changer leur personnalité mais surtout de les protéger contre les méfaits du stress sur leur état de santé.Avec une telle personnalité, évidemment on ne s'ennuie pas. Ces personnes débordent d'énergie et les propositions d'activités ne manquent pas. Le revers de la médaille est que l'on risque de se sentir facilement bousculé ou malmené si on ne vit pas au même rythme. On est aussi exposé au risque d'être rejeté en raison de son autoritarisme et de sa capacité à s'emporter facilement, surtout si l'on est un peu lent... Il n'est donc pas toujours évident de partager la vie professionnelle ou de couple avec ce type de personnes !

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La personnalité dépressive se charge de tous les malheurs du monde

On peut être une personnalité dépressive, sans pour autant être en dépression. Simplement, une personnalité dépressive tend à avoir en permanence une vision du monde et d'elle-même qui contribue à alimenter une certaine tristesse de fond. En particulier, elle vit avec des croyances qui alimentent une vision négative du monde (« il est dur et injuste »), d'elle-même (« je ne suis pas à la hauteur ») et de l'avenir (« de toute façon, ça va mal tourner »). Elle vit avec la sensation, quelles que soient les circonstances heureuses ou malheureuses de sa vie, que « la vie est difficile » et que « tout est effort ». Elle est souvent pourtant la seule à penser qu'elle n'est « pas à la hauteur » et cette conviction la pousse à toujours essayer de faire mieux dans son travail ou dans sa vie de famille par exemple. Elle a dès lors bien du mal à se réjouir et à trouver du plaisir dans la vie. D'ailleurs, dans la vie quotidienne, ces personnes semblent souvent éviter les occasions de se faire plaisir. Il n'est pas rare par exemple qu'elle refuse une invitation, prétextant un état de fatigue ou de surmenage. La réalité est plutôt une crainte de ne pas être à la hauteur, voire une certaine culpabilité à l'idée même de se faire plaisir.Alors, lorsqu'on partage la vie d'une personnalité dépressive, on peut être tantôt tenté, soit de la pousser éternellement à aller de l'avant (au risque d'y perdre sa propre énergie), soit de la « laisser tomber » en le ponctuant d'un « après tout, t'as tout pour être heureux(se) ! », soit de se laisser entraîner dans son marasme (au risque de devenir à son tour dépressif !) La juste mesure serait plutôt de lui montrer toute la considération que l'on a pour elle et de l'inciter à consulter Mais cela n'est pas toujours facile (« à quoi bon, puisque c'est son caractère ! »).

Pour en savoir plusFrançois Lelord, Christophe André. "Comment gérer les personnalités difficiles ?" Editions Odile Jacob, 1996.Eric Albert et Laurent Chneiweiss, "L'anxiété au quotidien", Odile Jacob, 1990.

Publié par Dr Catherine Feldman, psychothérapeute le Mercredi 19 Novembre 2003 : 01h00