Parkinson : la vitamine D peut-elle protéger la mémoire et le moral ?

Publié par Freya Yophy
le 06/09/2026
vitamine d
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Cette vitamine pourrait-elle agir sur les symptômes non moteurs de Parkinson ?
Une étude menée auprès de 286 personnes atteintes de Parkinson associe un taux plus élevé de vitamine D à de meilleures performances de mémoire et à moins de symptômes dépressifs. Ces résultats ne prouvent toutefois pas qu’une supplémentation ralentit la maladie. Dosage sanguin, alimentation et compléments doivent rester encadrés médicalement.

En France, 277 800 personnes étaient prises en charge pour une maladie de Parkinson en 2023, selon l’Assurance Maladie. Cette affection neurodégénérative ne se limite pas aux tremblements, à la rigidité ou au ralentissement des mouvements. Elle peut également entraîner une dépression, des troubles du sommeil et des difficultés cognitives.

Dans ce contexte, plusieurs recherches se sont intéressées à la vitamine D. Une étude portant sur 286 patients a observé une association entre un taux sanguin plus élevé et de meilleures performances de mémoire. Mais ses résultats, régulièrement remis en avant, doivent être interprétés avec prudence.

Une étude observationnelle publiée en 2013

Contrairement à ce que pourrait laisser penser sa récente médiatisation, l’étude menée par Amie L. Peterson et son équipe de l’Oregon Health & Science University ne constitue pas une nouvelle découverte. Elle a été publiée en 2013 dans le Journal of Parkinson’s Disease.

Les chercheurs ont analysé les données de 286 personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Parmi elles, 225 ne présentaient pas de démence et 61 souffraient de troubles cognitifs plus avancés.

Chaque participant a bénéficié d’un dosage sanguin de la 25-hydroxyvitamine D, la forme utilisée pour évaluer le statut vitaminique. Plusieurs fonctions ont également été examinées :

  • La mémoire verbale immédiate et différée ;
  • La fluidité verbale ;
  • Les capacités visuospatiales ;
  • Les fonctions exécutives ;
  • Le niveau global de cognition ;
  • Les symptômes dépressifs.

L’objectif était de rechercher une association statistique entre les concentrations de vitamine D et les résultats aux différents tests. Les participants n’ont pas reçu de supplément dans le cadre d’un essai thérapeutique.

Une meilleure mémoire chez les patients sans démence

Dans le groupe ne présentant pas de démence, un taux plus élevé de vitamine D était associé à de meilleurs résultats en mémoire verbale et en fluidité lexicale. Les participants concernés obtenaient notamment de meilleurs scores lorsqu’ils devaient citer rapidement des noms d’animaux, de légumes ou des mots commençant par certaines lettres.

Les chercheurs ont également observé une association avec des scores moins élevés sur l’échelle de dépression gériatrique. En revanche, cette relation n’a pas été retrouvée de manière significative dans le groupe atteint de démence.

Ces résultats ne permettent pas d’affirmer que la vitamine D améliore directement la mémoire ou le moral. Une relation inverse reste possible : les patients plus autonomes et moins déprimés peuvent sortir davantage, mieux s’alimenter et bénéficier d’une exposition plus régulière à la lumière naturelle.

Les auteurs reconnaissaient eux-mêmes qu’un essai d’intervention était nécessaire pour établir une éventuelle relation de cause à effet.

Pourquoi la vitamine D intéresse-t-elle les neurologues ?

La vitamine D joue le rôle d’une hormone dans l’organisme. Ses récepteurs sont présents dans plusieurs régions du cerveau, notamment dans des zones impliquées dans le contrôle moteur et les circuits dopaminergiques.

Des travaux expérimentaux lui attribuent des fonctions dans la régulation de l’inflammation, la protection contre le stress oxydatif et le fonctionnement des cellules nerveuses. Ces mécanismes biologiques rendent la piste intéressante, mais ils ne prouvent pas qu’un complément puisse ralentir la maladie de Parkinson.

Les études cliniques disponibles restent hétérogènes. Plusieurs travaux retrouvent une fréquence importante des taux bas de vitamine D chez les patients parkinsoniens, mais les essais de supplémentation n’ont pas établi de bénéfice certain sur la mémoire, la dépression ou la progression neurologique.

Faut-il demander systématiquement un dosage sanguin ?

Les résultats de cette étude ne justifient pas un dosage automatique de la vitamine D dès le diagnostic de Parkinson. La Haute Autorité de santé ne recommande pas sa mesure systématique pour évaluer les performances cognitives.

Le médecin peut néanmoins la rechercher dans certaines situations : fragilité osseuse, risque de chute, ostéoporose, malabsorption digestive, insuffisance rénale ou suspicion de carence. Les personnes atteintes de Parkinson peuvent présenter plusieurs de ces facteurs en raison de la réduction de leur mobilité, de leur âge ou de difficultés alimentaires.

Une dépression ou l’apparition de troubles de la mémoire nécessite également une évaluation médicale spécifique. Ces symptômes ne doivent pas être attribués automatiquement à une carence vitaminique.

Comment couvrir ses besoins sans risque de surdosage ?

Les poissons gras, les œufs et certains aliments enrichis contribuent aux apports en vitamine D. Il est notamment possible d’intégrer régulièrement sardines, maquereaux ou harengs dans une alimentation équilibrée.

Les sorties et l’activité physique adaptée favorisent par ailleurs la mobilité, l’équilibre et la santé générale. Il n’existe cependant pas de durée d’exposition solaire valable pour tout le monde. La saison, l’âge, la pigmentation de la peau et l’intensité des UV doivent être pris en compte, sans renoncer à la protection contre le soleil.

Une supplémentation peut être prescrite par le médecin lorsqu’elle est jugée nécessaire. Elle ne doit pas être commencée ou fortement dosée dans l’espoir de traiter Parkinson. Un surdosage en vitamine D peut provoquer une hypercalcémie, des troubles digestifs et des complications rénales.

La vitamine D doit donc être considérée comme un élément de la santé générale, et non comme un traitement neuroprotecteur validé contre la maladie de Parkinson.

Sources

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