Ozempic, Wegovy, Mounjaro : ce que révèle la nouvelle alerte de l’ANSM

Publié par Freya Yophy
le 09/10/2026
Maj
le 12/10/2026
wegovy
Istock
Pancréatites, déshydratation, interactions avec d’autres médicaments… Le dernier rapport de l’ANSM rappelle les risques des traitements GLP-1, particulièrement lorsqu’ils sont utilisés sans suivi médical. Mais les signalements recueillis ne remettent pas en cause leur intérêt pour les patients auxquels ils sont destinés.

Ils occupent une place croissante dans le traitement du diabète et de l’obésité. Les médicaments comme Ozempic, Wegovy et Mounjaro restent pourtant des traitements sur ordonnance, avec des indications et des précautions propres à chacun.

Publié le 7 octobre 2026, le troisième rapport de pharmacovigilance de l’Agence nationale de sécurité du médicament confirme une balance bénéfices-risques favorable lorsqu’ils sont utilisés conformément aux recommandations. Il souligne aussi des complications parfois graves et des usages inappropriés persistants.

Ce que disent les 2 801 signalements

Entre le 1er février 2025 et le 31 janvier 2026, 2 801 cas d’effets indésirables ont été signalés en France, dont 515 graves et 13 décès.

Ces chiffres demandent une lecture prudente. Un décès déclaré sous traitement n’est pas automatiquement un décès provoqué par ce traitement. Les experts examinent notamment les maladies préexistantes, les autres médicaments et la chronologie des symptômes. Les déclarations ne permettent pas non plus, à elles seules, de calculer la fréquence réelle des complications chez les utilisateurs.

Dans ce rapport, un lien avec les GLP-1 a été considéré comme possible pour deux pancréatites mortelles et un décès associé à un cancer du pancréas. Une contribution indirecte a également été retenue pour deux acidoses lactiques sous metformine, favorisées par une déshydratation.

Le signalement d’un cancer ne suffit donc pas à démontrer que ces médicaments provoquent cette maladie.

Douleurs abdominales et vomissements : quand réagir ?

Les nausées, diarrhées et vomissements font partie des effets indésirables connus. Ils ne doivent toutefois pas être banalisés lorsqu’ils deviennent intenses, persistent ou empêchent de boire et de s’alimenter.

Une douleur abdominale forte et persistante, pouvant irradier vers le dos, nécessite une évaluation médicale immédiate : elle peut évoquer une pancréatite aiguë, une inflammation du pancréas. N’attendez pas le prochain rendez-vous pour la signaler.

Les vomissements répétés peuvent, de leur côté, entraîner une déshydratation et détériorer le fonctionnement des reins. Une impossibilité de garder les liquides, des urines devenues très rares ou un malaise justifient également une prise en charge rapide. En cas de symptômes sévères, appelez le 15 ou le 112.

Les autres traitements doivent être pris en compte

La sécurité ne dépend pas seulement du stylo injecteur. Elle repose aussi sur l’ensemble des médicaments pris par le patient.

Le ralentissement de la vidange de l’estomac peut modifier l’absorption de certains traitements avalés. Une surveillance particulière peut notamment être nécessaire avec des médicaments dont la dose doit être ajustée très précisément, comme certains anticoagulants.

Chez une personne prenant de la metformine, une déshydratation importante appelle aussi une vigilance accrue en raison du risque d’acidose lactique, complication rare mais grave.

Ces associations ne sont pas toutes interdites : certaines sont courantes dans le traitement du diabète. Elles nécessitent une prescription adaptée et des consignes claires en cas de vomissements ou de diarrhée. Signalez tous vos traitements au médecin et au pharmacien, sans modifier vous-même les doses.

Perdre du poids n’est pas forcément un mésusage

Le rapport distingue 36 signalements liés à un usage inapproprié pour maigrir, dont 17 graves. Dans environ deux tiers de ces cas, le médicament avait été obtenu hors des circuits officiels. Dans plus de neuf cas sur dix, les doses étaient excessives ou augmentées trop rapidement.

Il serait néanmoins trompeur d’assimiler toute prescription pour perdre du poids à un détournement. Chez l’adulte, Wegovy, Saxenda et Mounjaro disposent d’indications dans le contrôle du poids, notamment :

  • En cas d’obésité, avec un IMC d’au moins 30 kg/m² ;
  • En cas de surpoids, avec un IMC d’au moins 27 kg/m² et une complication liée au poids, comme une hypertension ou une apnée du sommeil.

Ces critères ne signifient pas qu’un traitement convient automatiquement à toute personne concernée. L’évaluation médicale et l’accompagnement nutritionnel restent indispensables. Les conditions de remboursement sont, par ailleurs, distinctes des indications autorisées.

Ozempic reste destiné au traitement du diabète de type 2, et non à la perte de quelques kilos pour des raisons esthétiques. Enfin, une indication absente d’un signalement ne prouve pas un mésusage.

Ordonnance, pharmacie et suivi : les précautions essentielles

En France, ces médicaments nécessitent une ordonnance et ne peuvent pas être vendus légalement sur Internet, même par une pharmacie en ligne. Les offres diffusées sur les réseaux sociaux exposent notamment à des contrefaçons dont la composition et le dosage sont inconnus, comme pour d’autres produits injectables vendus illégalement.

Si vous avez acheté un tel produit en ligne, ne le réutilisez pas et demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin.

Pour un traitement régulièrement prescrit, respectez les paliers de doses et les consultations de suivi. Une baisse marquée des apports alimentaires ou une faiblesse inhabituelle mérite aussi d’être signalée. Le suivi ne consiste pas seulement à constater une perte de poids : il sert à vérifier que celle-ci ne s’accompagne pas de complications ou de carences.

Sources

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