Les nouveautés dans la lutte contre la douleur de l'adulte

De toute évidence, le statut de la douleur évolue, les mentalités changent. Des avancées importantes sont intervenues, tant sur le plan des connaissances fondamentales que sur celui de son traitement et de sa prise en charge. On dispose désormais de méthodes relativement fiables pour évaluer la douleur. De nouvelles améliorations thérapeutiques sont à attendre des recherches dans ce domaine.
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Si la prise en charge de la douleur, particulièrement en France, a longtemps été négligée, on observe que les mentalités évoluent peu à peu. Mais, pour autant, la douleur n'est que depuis peu considérée comme une maladie à part entière par les chercheurs et les médecins. Des progrès considérables ont été réalisés dans la connaissance des mécanismes fondamentaux de la douleur. Des unités de recherche et des services hospitaliers se consacrent aujourd'hui totalement la totalité à l'étude et au traitement de la douleur.

Le plan gouvernemental de lutte contre la douleur

La France accuse un certain retard par rapport à d'autres pays tels que le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Scandinavie ou le Canada où la mise en place de centres de traitement et d'évaluation de la douleur a été plus rapide. C'est dans cette optique que le gouvernement français a mis en place en 1998 un plan de lutte contre la douleur afin que celle-ci ne soit plus vécue comme une fatalité.Dans ce cadre, la prise en charge de la douleur à l'hôpital s'est améliorée : chaque malade se voit désormais remettre un "carnet douleur" lors de son entrée à l'hôpital. À sa sortie, on mesure grâce à ce carnet sa satisfaction en matière de traitement contre la douleur. Par ailleurs, celle-ci est aujourd'hui systématiquement évaluée, à l'aide de "réglettes" qui permettent d'enregistrer quotidiennement l'intensité de la douleur pour chaque malade hospitalisé.De nouvelles structures ont été mises en place, consistant en des unités hospitalières et des consultations spécialisées ; des comités de lutte contre la douleur ont pour objectif de sensibiliser et d'informer les médecins. La formation des professionnels de santé a été renforcée : les médecins reçoivent un enseignement spécifique de la douleur au cours de leurs études et dans le cadre de la formation médicale continue. Cet enseignement a également été renforcé chez les infirmières qui sont aujourd'hui autorisées, en cas d'urgence, à délivrer certains médicaments antalgiques aux malades.

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De nombreuses maladies sont douloureuses

Signal d'alerte pour l'organisme, la douleur aiguë est généralement liée à une pathologie évoluant rapidement. Elle est notamment fréquente après une intervention chirurgicale.La douleur chronique est une douleur qui dure depuis trois à six mois. On distingue généralement celles liées aux cancers, au sida et celles dites "non malignes" dues à des lombalgies ou mal de dos, migraine, etc.L'infection à VIH et le Sida entraînent souvent des douleurs, qui deviennent aujourd'hui de plus en plus souvent chroniques avec le recours à la trithérapie. Le cancer se complique également souvent de phénomènes douloureux. Mais la fréquence des douleurs est, en fait, très variable selon le siège de la tumeur. Les mécanismes de la douleur dans le cancer peuvent associer compression nerveuse, excès de stimulation douloureuse et effets des traitements. Cependant, cette douleur du cancer n'est pas inéluctable : selon les spécialistes, elle peut aujourd'hui être soulagée dans 95 % des cas.

 
Publié par Dr Sylvie Coulomb le Lundi 05 Novembre 2001 : 01h00