Mystères de la dépression

Les antidépresseurs, ces médicaments tant prisés, sont-ils réellement efficaces dans le traitement des dépressions ? En affirmant qu'un traitement par placebo avait autant d'effet qu'un traitement classique, les résultats d'une étude Texane laissent planer le doute.
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Les antidépresseurs sont bien évidemment des médicaments de choix dans le traitement des dépressions. Mais, en est-on vraiment si sûr ? Hélène Mayberg, de l'université du Texas aux Etats-Unis, a comparé l'effet d'un traitement antidépresseur à celui d'un placebo, c'est-à-dire une substance ne contenant aucun principe actif. Les résultats sont surprenants !

Hélène Mayberg et ses collaborateurs ont traité des patients dépressifs par antidépresseurs, pour la moitié d'entre eux, ou avec un placebo, pour l'autre moitié, et ceci sur une durée de six semaines. Bien entendu, ces derniers étaient persuadés suivre un traitement antidépresseur classique.

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Sur 17 personnes traitées, 8 ont vu leur état s'améliorer nettement… dont 4 avait pris le placebo ! Ce qui laissait à penser que celui-ci provoquait autant d'effet que les antidépresseurs. Dans un cas comme dans l'autre, les chercheurs ont effectivement enregistré des modifications dans les zones profondes du cerveau qui régissent les émotions et la mémoire.

Les auteurs de l'étude attirent cependant l'attention sur le fait que l'amélioration observée avec le placebo ne correspond peut-être qu'à une rémission à court terme et non à une véritable guérison. Il est cependant bien des cas où les antidépresseurs ne font pas davantage. Ces résultats rappellent deux choses :

  • dans ce type d'affection, la prise en charge psychologique est au moins tout aussi importante que les traitements médicamenteux ;
  • il revient au médecin d'apprécier, avec son patient, les résultats du traitement.

t bien des cas où les antidépresseurs ne font pas davantage. Ces résultats rappellent deux choses :

 
Publié par Dr Agnès Lara le Lundi 10 Juin 2002 : 02h00
Source : Mayberg H. S. American Journal of Psychiatrry 2002;159: 728-737.