Ménopause : gels, patchs ou comprimés, quels risques de thrombose ?
Les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et les nuits interrompues peuvent peser lourdement sur la qualité de vie. Pour certaines femmes, un traitement hormonal de la ménopause apporte un véritable soulagement. Mais comment choisir sa forme tout en limitant les risques ?
Une étude publiée en septembre 2026 dans le BMJ, à partir des registres danois de 2003 à 2021, apporte de nouveaux éléments pour guider cette discussion médicale.
Les comprimés associés à davantage de thromboses veineuses
Les chercheurs observent une augmentation des thromboses veineuses avec les œstrogènes oraux. En valeur absolue, cela correspond à environ un cas supplémentaire pour 1 055 femmes traitées pendant un an. Le risque individuel varie toutefois selon les antécédents et le traitement.
Pour les AVC et les infarctus, le surcroît de risque concernait surtout l’estradiol oral à plus de 1 mg par jour utilisé au-delà d’un an.
Cette différence entre les voies d’administration s’explique notamment par le parcours des hormones dans l’organisme. Après ingestion, les œstrogènes passent d’abord par le foie, où ils influencent la production de protéines de la coagulation. Il ne s’agit donc pas d’une « saturation » des cellules hépatiques, mais d’un effet du premier passage hépatique.
Gels et patchs : des résultats rassurants, sans garantie de risque zéro
Dans l’ensemble, l’étude ne retrouve pas d’augmentation du risque thrombotique avec les traitements transdermiques. Un signal concernant l’infarctus apparaît néanmoins avec certaines associations cycliques, sur des données limitées.
Ces résultats restent observationnels : ils ne prouvent pas, à eux seuls, un lien de cause à effet. Certaines informations, notamment le tabagisme et l’indice de masse corporelle, manquaient.
Avec un gel ou un patch, l’estradiol traverse la peau pour rejoindre la circulation sanguine. Cette voie évite le premier passage par le foie, sans empêcher toute transformation ultérieure de l’hormone par cet organe.
Un profil plus favorable concernant les caillots ne signifie pas une absence de tous les risques du traitement hormonal. Les antécédents de thrombose, certaines maladies cardiovasculaires ou certains cancers restent des éléments essentiels à examiner avant toute prescription.
En France, la voie cutanée est déjà largement privilégiée
Selon une étude d’EPI-PHARE publiée en juin 2026, la voie transdermique représentait 87 % des utilisations d’œstrogènes étudiées en 2024. Les gels et les patchs occupent donc déjà une place importante dans les prescriptions françaises.
Le choix ne se résume toutefois pas à opposer comprimés et applications cutanées. Lorsque la patiente possède encore son utérus, un progestatif doit généralement accompagner les œstrogènes pour protéger l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Après une hystérectomie, cette association n’est habituellement pas nécessaire.
La molécule choisie, sa dose et son rythme d’administration participent ainsi à l’équilibre entre les bénéfices attendus et les risques.
Un traitement adapté aux symptômes et réévalué chaque année
Le traitement hormonal n’est ni obligatoire à la ménopause ni destiné à toutes les femmes. Il peut être proposé lorsque les symptômes deviennent gênants, après une évaluation médicale et une discussion sur les préférences de la patiente.
La Haute Autorité de santé recommande la dose minimale efficace et une réévaluation au moins annuelle. Ce rendez-vous permet de vérifier le soulagement obtenu, les éventuels effets indésirables et l’intérêt de poursuivre ou d’adapter la prescription.
Le traitement peut également contribuer à prévenir les fractures liées à l’ostéoporose dans certaines situations, notamment lorsque les autres traitements ne conviennent pas. Il ne doit pas être présenté comme une protection universelle contre le vieillissement.
Si vous prenez actuellement des comprimés, ces résultats peuvent justifier un échange avec votre médecin, sans modifier seule votre prescription ni décider d’un arrêt du traitement hormonal.
Enfin, une jambe soudainement gonflée et douloureuse nécessite une évaluation médicale rapide. En cas d’essoufflement brutal, de douleur thoracique ou de malaise important, appelez le 15 ou le 112.
Sources
- Étude danoise : résultats et limites. Présentation de l’étude de Julie Berggreen et collaborateurs, publiée en septembre 2026. BMJ Group.
- Prescriptions françaises : 87 % de voie transdermique en 2024. Étude EPI-PHARE, présentée le 25 juin 2026. Assurance Maladie.
- Indications, dose et réévaluation du traitement. Réévaluation des traitements hormonaux de la ménopause, septembre 2025. Haute Autorité de santé.
- Choix du traitement, progestatifs et précautions. Assurance Maladie : traitement de la ménopause.
- Signes d’urgence et conduite à tenir. Assurance Maladie : embolie pulmonaire.