La marijuana favorise la grossesse extra-utérine

Après le risque de petit poids de naissance et les troubles cognitifs, le cannabis pourrait également favoriser les grossesses extra-utérines. Selon une étude réalisée sur des souris, en tout début de grossesse, la consommation de marijuana empêche la descente de l'embryon dans l'utérus.
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D'un côté, l'usage médical et personnel de cannabis (marijuana) est en hausse dans le monde entier, de l'autre, les grossesses extra-utérines (GEU) ont considérablement augmenté au cours des dix dernières années. D'où la question préoccupante concernant les effets néfastes de la marijuana durant la grossesse. Jusqu'à aujourd'hui, on savait que la consommation maternelle de cannabis était associée chez l'enfant à un faible poids de naissance et à des déficits de cognition et de la mémoire. De nouvelles données obtenues chez la souris laissent envisager d'autres effets, notamment un risque accru de GEU.

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Les expérimentations sur les rongeurs révèlent une action des cannabinoïdes dès le tout début de la grossesse, avec une hausse de 40% du taux de fausses couches précoces et une absence d'embryon dans l'utérus (dans 35% des cas). L'échec de la grossesse serait dû à une rétention d'un grand nombre d'embryons dans l'oviducte de la souris, bien que les embryons ainsi piégés semblent tout à fait normaux. Selon les chercheurs, la contraction et la relaxation coordonnées du muscle lisse, indispensable au transport normal des embryons, seraient modifiées.

Sachant que chez la femme, la rétention de l'embryon dans les trompes de Fallope est une cause majeure de GEU, il est fort probable que ce même mécanisme se produise.Ces données amènent naturellement à conseiller aux femmes en âge de procréer de ne pas consommer de marijuana, le déroulement normal précoce de la grossesse est en jeu. Il ne faut pas attendre la confirmation de la grossesse pour refuser ou stopper sa consommation de cannabis !

Publié par Rédaction E-sante.fr le Mercredi 13 Octobre 2004 : 02h00
Source : Nature Medicine, 19 septembre 2004, DOI : 10.1038/nm1104.