Isotrétinoïne : faut-il avoir peur de ce traitement contre l’acné ?

Publié le 31 Octobre 2013 par Rédaction E-sante.fr
L'isotrétinoïne est un traitement contre l’acné sévère. Or celui-ci peut être associé à des effets secondaires graves.Suite à une plainte déposée par la mère d’un jeune homme qui s’est donné la mort alors qu’il était traité par l’isotrétinoïne, les autorités ont souhaité rappeler les précautions d’usage qui s’imposent avec ce traitement.
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L'isotrétinoïne est associé à un risque suicidaire

L'isotrétinoïne n’est pas un médicament anodin. Il est réservé au traitement de l’acné sévère ayant résisté à la prise en charge classique (traitement local et prise d’antibiotiques). Il a l’inconvénient d’être tératogène, c’est-à-dire qu’il peut provoquer des malformations fœtales pendant la grossesse, d’où des conditions de délivrance très sécurisées pour que toute femme enceinte ne puisse accéder à ce traitement (avertissements, prescriptions sur de courtes durées, test de grossesse mensuel…).

Risques de dépression et autres troubles psychologiques

Mais l'isotrétinoïne peut aussi augmenter le risque de dépression et d’autres troubles psychologiques. C’est ce qui s’est passé pour ce jeune garçon qui s’est suicidé après 6 mois de traitement et dont la mère accuse le dermatologue prescripteur de n’avoir pas tenu compte de cet effet secondaire. Pourtant, si ce risque est rare, il est bien connu. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire des médicaments (Ansm), des cas ont été rapportés de jeunes ayant présenté des idées ou des conduites suicidaires alors qu’ils prenaient de l'isotrétinoïne. Toutefois, l’Agence précise que « le lien entre la survenue de ces troubles et la prise d’isotrétinoïne n’est pas établi à ce jour ».

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Le traitement par isotrétinoïne en pratique

Avant de débuter un traitement par isotrétinoïne, tout patient doit recevoir un document d’information visant à l’alerter ainsi que son entourage, sur les potentiels effets secondaires graves (risque de malformations du fœtus, de dépression et d’autres troubles psychologiques).

En pratique, « l'éventualité de la survenue de troubles dépressifs et de comportements suicidaires sous isotrétinoïne nécessite une vigilance, afin de détecter et de prendre en charge de manière précoce et adaptée toute modification inhabituelle de l’état psychologique du patient ».

Prévention de l’effet tératogène

Les patientes en âge d’avoir des enfants doivent signer un accord de soin et de contraception. Une contraception efficace doit être instaurée au moins 4 semaines avant le début du traitement et un test sérologique de grossesse doit être réalisé dans les 3 jours précédant la première prescription puis mensuellement. Un carnet-patiente indiquant les dates et les résultats des tests de grossesse doit être présenté systématiquement à chaque consultation et lors de chaque délivrance du médicament par le pharmacien, lequel doit aussi vérifier que l’ordonnance date de moins de 7 jours.

Source : ANSM, « Feuillet patient "Ce qu’il faut savoir avant de commencer un traitement par isotrétinoïne orale" » - Point d’information.
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