Isoflavones de soja, une alternative contre les bouffées de chaleur ?
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Les phytoestrogènes sont-elles intéressantes chez les femmes ménopausées ?

Dr David Elia : Au moment de la ménopause, surviennent classiquement des symptômes parfois très désagréables. Pour 75% de femmes, ce sont des bouffées de chaleur, mais parfois aussi des douleurs articulaires, une sécheresse vaginale, de la fatigue, etc. Les isoflavones de soja ont montré une certaine efficacité contre les bouffées de chaleur uniquement.

Pourtant, les études sont très nombreuses et très contradictoires. Les résultats dépendent du type d'études effectuées, du nombre de cas, de la population étudiée, du type d'effet recherché, des produits à base de phytoestrogènes employés, etc.

Il existe cependant une quinzaine d'études, dont une française, ayant montré une efficacité des isoflavones de soja sur les bouffées de chaleur de l'ordre de 60% à la dose de 75 mg par jour, contre 30 à 40% avec un placebo.

Cet effet n'est certes pas à la hauteur de celui obtenu avec le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS), mais il reste conséquent et particulièrement intéressant dans le contexte actuel où ce traitement classique de la ménopause est délaissé en raison de ses risques potentiels. En d'autres termes, dans un contexte où l'on se tourne vers d'autres alternatives.

Les effets des phytoestrogènes sont-ils identiques chez toutes les femmes ?

Dr David Elia : Si les effets sont évalués à 60%, cela signifie également que 40% des femmes ne répondront pas aux phytoestrogènes. Il faut savoir par ailleurs que les isoflavones deviennent actives lorsqu'elles entrent en contact avec les bactéries intestinales. Ainsi, les effets des phytoestrogènes dépendent aussi de la situation intestinale. L'intensité des bouffées de chaleur semble être un autre facteur à prendre en considération.

Ce qu'il faut retenir, c'est que les isoflavones de soja représentent une solution alternative au traitement hormonal chez les femmes ménopausées qui souffrent de bouffées de chaleur.

Quant à l'action des phytoestrogènes sur les seins, il n'existe aucune démonstration fiable. Le seul indice que l'on possède est la faible incidence du cancer du sein chez les femmes japonaises, grandes consommatrices de soja (3% au Japon contre 12% en France). Cette constatation est insuffisante pour établir une preuve. Il en est de même des effets protecteurs sur l'os.

On n'observe en général aucun effet indésirable avec ces isoflavones de soja et il ne semble pas y avoir de contre indications aux doses habituellement recommandées. Tout au plus, devra t-on faire avec son médecin le calcul des bénéfices et des risques potentiels méconnus lorsque l'on est dans le contexte d'un ancien cancer du sein.

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