Intrinsa® : un patch de testostérone pour rétablir la libido
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Comment remédier à cette chute de libido ?

Dr David Elia : Le traitement de la ménopause comprend des estrogènes et de la progestérone. Les femmes n'ayant plus d'utérus ne prennent que des estrogènes car la progestérone sert à protéger l'utérus d'une augmentation du risque du cancer de l'utérus.

Les femmes ovariectomisées (ovaires enlevés) disent souvent en consultation : « avec les estrogènes, je n'ai plus de bouffées de chaleur, je dors bien, je n'ai plus de douleurs articulaires, je me sens bien. Mais alors sur le plan sexuel, c'est le calme plat, c'est désespérant ».

Pour palier à cet inconvénient, qui rappelons-le peut toucher des femmes jeunes, il serait donc intéressant de pouvoir leur donner un traitement hormonal à base de testostérone. Mais jusqu'à présent, nous ne disposions d'aucun produit commercialisé en France à destination des femmes. Il n'existe que des médicaments autorisés chez les hommes et qui sont donc très fortement dosés.

C'est ainsi qu'en France, de très nombreuses femmes souffrant d'une insuffisance de testostérone n'ont pas eu accès à un traitement, contrairement à ce qui se passe depuis fort longtemps en Angleterre, aux États-Unis et au Canada, où des spécialités féminines sont disponibles.

D'où l'intérêt de la mise sur le marché de ce patch Intrinsa®, indiqué chez les femmes ayant perdu leur libido pour une cause hormonale. Il est à renouveler 2 fois par semaine et délivre de faibles doses de testostérone, parfaitement compatibles avec la physiologie de la femme. Il ne fait que restaurer le niveau de testostérone qu'elles avaient avant la ménopause chirurgicale.

Il est prescrit sur ordonnance avec les estrogènes (pas besoin de progestérone chez les femmes qui n'ont plus d'utérus).

Mais attention, il faut le délivrer avec discernement. Il n'est pas question d'en prescrire à toutes les femmes ayant une faible libido. Car tout d'abord, il n'est pas dit que ce supplément hormonal améliore leur libido : la sexualité féminine n'est pas uniquement une histoire d'hormones. Il existe bien d'autres composants, culturels, sociaux, conjugaux, psychologiques Ensuite, un excès de testostérone peut induire des effets secondaires très justement redoutés et haïs des femmes : pousse des poils, boutons, peau graisse, chute des cheveux, etc. Ces effets doivent provoquer l'arrêt du traitement et ils sont réversibles.

L'indication de ce patch doit donc être scrupuleusement respectée : perte d'appétit sexuel après une hystérectomie avec ovariectomie.

Des dosages hormonaux sont-ils nécessaires avant la prescription du patch ?

Dr David Elia : Non, cela ne sert à rien car le taux de testostérone est très variable d'une femme à une autre, très faible et donc difficile à doser précisément.

Ce sont plutôt les circonstances dans lesquelles l'insuffisance sexuelle s'est installée qui sont utiles : depuis une hystérectomie avec ovariectomie alors qu'auparavant la sexualité était de bonne qualité et lorsque le traitement classique de la ménopause n'a pas apporté d'amélioration. Il est souvent nécessaire de faire un « test thérapeutique » durant 2 ou 3 mois afin de voir si ce traitement apporte une restauration de la qualité de la vie sexuelle ou non.

Si ce n'est pas le cas, le problème n'est vraisemblablement pas hormonal et on arrêtera le traitement.

Les études réalisées à partir de ce patch ont démontré une très bonne efficacité dans la population ciblée : amélioration constante de tous les versants de la vie sexuelle d'une femme, depuis le désir et plaisir jusqu'aux fantasmes. Il est à noter aussi une réduction de la détresse psychologique associée à cette baisse de désir sexuel. Les femmes se sentent mieux plus épanouies et cela retentit sur leur bien être général. Les effets secondaires n'ont pas été différents de ceux constatés chez les femmes sous placebo. Ils ne se manifesteraient en fait que si la quantité de testostérone normale chez une femme est dépassée.

En pratique, le traitement sera délivré en pharmacie sous le nom de Intrinsa®, uniquement sur ordonnance dans le cadre de la perte de libido chez une femme ménopausée à la suite d'une hystérectomie avec ovariectomie. Il revient à environ 55 euros par mois non remboursés par la Sécurité sociale (soit 8 patchs, 2 par semaine).

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