Interview : cancer du col de l'utérus, un dépistage délicat

Une Française sur cent est atteinte d'un cancer du col de l'utérus au cours de sa vie. Le dépistage systématique s'améliore, mais finalement, on parle très peu des cytologies de dépistage, frottis ou en milieu liquide. Nous avons interrogé le Dr Christian Savet* qui dirige depuis 15 ans le Centre Histo-Pathologique, spécialisé uniquement dans le dépistage du cancer du col.
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e-sante : Quelles sont les différentes méthodes pour dépister le cancer du col de l'utérus ?

Dr Christian Savet : Le dépistage fiable du cancer du col de l'utérus n'est possible que par la cytologie. La colposcopie et la biopsie n'étant pas réalisables dans le cadre d'un dépistage de masse.

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e-sante : Le cancer du col est lié au virus papilloma. Un nouveau test permet de le détecter. Pourrait-il avantageusement remplacer le frottis du col ?

Dr Christian Savet : A ma connaissance, il n'existe pas de test dépistant tous les papilloma virus. Certes, les virus dépistés sont les papilloma les plus « à risques », mais l'identification n'est pas sûre à 100%. De plus, lorsque la lésion est avancée, le test reste parfois négatif !En outre, on peut être porteur sans développer de lésion. Alors, faut-il pour autant traumatiser les patientes ?Enfin, je fais partie de ceux qui pensent que la plupart des femmes sont porteuses du virus sans symptôme apparent. Pour développer la maladie, il ne suffit donc pas d'être infecté par le virus. Dans ces conditions, on peut se demander s'il faut ou non traiter les femmes porteuses saines ? La réponse est non bien sûr ! L'avenir appartient plutôt au vaccin.

Publié le 16 Avril 2003
Auteur(s) : Dr Philippe Presles