Incontinence urinaire : prudence avec les lasers

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Les dispositifs d’électrostimulation externe de rééducation du périnée ou le laser sont-ils utiles dans l’incontinence urinaire et la "descente d’organe" ? L’Association française d’urologie (AFU) alerte sur le peu d’évaluation et de recul de ces appareils dans ces indications.

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Les urologues brandissent le principe de précaution

Selon les urologues, les multiples appareils d’électrostimulation externe de rééducation périnéale contre l’incontinence (remboursés par l’Assurance maladie) ou les objets comme des anneaux souples à introduire dans le vagin sont dénués d’évaluation solide. S’ils semblent peu nocifs pour la santé urologique des femmes en dehors d’un retard à la prise en charge, la préoccupation des spécialistes monte d’un cran avec les lasers.

En effet, médecins généralistes, gynécologues et urologues sont assaillis de promesses commerciales vantant l’impact de ces appareils sur les symptômes urinaires : incontinence et descente d’organe (prolapsus). L’AFU a sonné l’alerte, à l’occasion de son 110ème congrès annuel (16-19 novembre, Paris), argumentant le fait qu’ils n’ont pas de réel fondement scientifique ni de recul vis à vis de l’efficacité et de la sécurité. Pour l’instant, silence radio du côté des agences françaises de santé.

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Le laser dans l’incontinence urinaire ?

Là où le bât blesse, c’est que le laser au CO2, utilisé depuis 2-3 ans dans le « rajeunissement du vagin » et dans le syndrome « Génito-Urinaire de la Ménopause » (sécheresse et atrophie vaginale) est aussi préconisé par les constructeurs pour renforcer le plancher pelvien (le périnée) dans l’incontinence urinaire légère à modérée et le prolapsus, sans fournir de données sur l’efficacité et la sécurité d’emploi au-delà de 6 mois.

Le principe du laser CO2 est le suivant : il délivre un rayonnement infra-rouge avec un effet photothermique qui brûle la couche la plus superficielle des cellules du vagin, forçant ainsi sa reconstitution au moyen de cellules « neuves ». Dixit l’argumentaire, cette tension exercée sur la paroi vaginale permet alors sa rétractation, d’où l’effet sur la continence.

Pr Jean-François Hermieu, chirurgien urologue (Hôpital Bichat, Paris) : « Dans l’incontinence urinaire, une étude avec le laser sur une quarantaine de femmes a montré une modification de la mobilité urétrale mais pour quel intérêt ? Sachant qu’à six mois, il ne restait que six patientes*. Sur le plan de la dynamique urinaire, les résultats sont contradictoires. Sur le prolapsus, impossible de conclure sur l’une des rares études conduites ».

A suivre.

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 28 Novembre 2016 : 12h23
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 12h07
Source : * Laser Health Academy 2012, 1-67-74
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