Les impatiences ou syndrome des jambes sans repos, une maladie sous-diagnostiquée
Publié le 01 Octobre 2007 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
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Impatiences ou jambes sans repos : quel est ce syndrome ?

Les impatiences, ou syndrome des jambes sans repos, touchent 8,5% de la population, 2% pour les formes sévères.

Ces formes sévères, qui interfèrent pourtant considérablement avec la vie quotidienne, ne donnent lieu à une consultation que dans la moitié des cas, tandis que seuls 5 à 10% s'adressent à un neurologue.

Pourtant, les critères de diagnostic du syndrome des jambes sans repos sont aujourd'hui bien définis :

  • Nécessité de bouger les jambes, souvent associée à des sensations désagréables dans les membres inférieurs ;
  • Survenue ou aggravation de ces symptômes au repos ou durant les périodes d'inactivité, particulièrement en position assise ou allongée ;
  • Amélioration partielle ou totale des troubles lors du mouvement, en particulier lors de la marche ou d'étirements ;
  • Aggravation ou survenue exclusive dans la soirée ou la nuit (ce qui favorise les insomnies, la fatigue et la somnolence diurne).

Quelles sont les causes des jambes sans repos ?

  • Il existe très souvent des antécédents familiaux et plusieurs gènes seraient impliqués.
  • Une carence en fer peut être en cause, et doit être systématiquement recherchée.

    C'est probablement pourquoi le syndrome desjambes sans repos est plus fréquent durant la grossesse.

  • Certaines maladies peuvent également en être à l'origine :

    Insuffisance rénale dialysée, prise de certains médicaments (inhibiteurs de la recapture de sérotonine, neuroleptiques, antidépresseurs tricycliques), diabète et maladies neurodégénératives.

Les traitements en cas d'impatiences

Les formes légères, qui n'entravent pas la vie quotidienne du patient, relèvent des conseils hygiéno-diététique s (repérer les circonstances qui aggravent ou qui améliorent les symptômes permet d’adapter sa vie en conséquence).

En revanche, les formes modérées à sévères, qui ne touchent pas moins de 150.000 à 180.000 Français,nécessitent une prise en charge médicamenteuse.
  • On recourt en première intention à des agonistes dopaminergiques (médicaments aussi utilisés pour la maladie de Parkinson).
  • En cas d'échec ou d’effets indésirables (nausées, maux de tête, vertiges, somnolence, hypotension orthostatique, syncope, trouble du rythme cardiaque…), on fait appel à la L-dopa (précurseur de la dopamine utilisé comme antiparkinsonien).

    Toutefois, la prudence est de mise avec ces molécules, car elles tendent parfois, à l'inverse, à augmenter les symptômes.

  • Si la dopamine est contre-indiquée, inefficace ou mal tolérée, on peut recourir aux benzodiazépines, aux opiacés ou aux antiépileptiques, en mono ou en poly-thérapie.

Tout ça pour simplement signaler que l'arsenal médicamenteux susceptible de traiter le syndrome des jambes sans repos est assez large.

Alors n'hésitez pas à consulter… et ne soyez pas alarmé(e) si votre médecin vous oriente vers un neurologue !
Source : Le Quotidien du médecin, février 2005.