Hépatite B : tous les espoirs sont permis

Les très récents progrès laissent espérer la guérison prochaine -d’ici 5 à 10 ans- de l’infection de l’hépatite B grâce aux antiviraux directs et à l’immunothérapie, estiment les spécialistes réunis au congrès international sur le foie (Barcelone, 13-17 avril 2016).

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Hépatite B : espérer la guérison et non plus la suppression virale à vie

En dépit d’un vaccin efficace, l’infection chronique par le virus de l’hépatite B reste une urgence avec 250 millions de porteurs chroniques dans le monde et 300 000 en France. Les antiviraux actuels ont montré leurs limites. Certains obtiennent une suppression virale soutenue chez 20% des porteurs chroniques. D’autres le permettent chez une majorité mais au prix d’un traitement à vie. Mais tous sont incapables d’éliminer le risque de cancer du foie (carcinome hépatocellulaire). « Les progrès très récents laissent espérer la guérison dans 5 à 10 ans de l’infection grâce principalement aux antiviraux directs et à l’immunothérapie », détaille le Pr Fabien Zoulim, chef du service d’hépatologie (Hospices Civils de Lyon).

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Deux pistes prometteuses

De nouvelles molécules empêchent le virus de l’hépatite B d’entrer dans les cellules du foie (hépatocytes), d’autres détruisent en partie l’ADN du virus.

Les chercheurs utilisent aussi un outil génétique révolutionnaire comme les CRISPR ("ciseaux génétiques") médiatisés dans les maladies génétiques et appliquées ici au virus de l’hépatite B dans l’objectif de rentre inactif l’ADN viral.

Une autre idée est de rendre l’ADN viral silencieux ; la multiplication du virus est alors impossible.

Enfin, certaines molécules ciblent plutôt l’antigène la surface du virus pour le rendre inactif.

Quant à l’immunothérapie, l’idée est de contrecarrer les mécanismes mis en œuvre par le virus pour affaiblir les cellules qui nous défendent (cellules T) et de rebooster cette immunité dite adaptative. Les essais en cours sont prometteurs. « La recherche progresse à grands pas, s’enthousiasme Fabien Azoulim. C’est pourquoi les patients porteurs chroniques du virus de l’hépatite B doivent continuer à être bien suivis. Ils peuvent se rapprocher des centres de références qui recrutent pour les nombreux essais cliniques ».

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Vendredi 22 Avril 2016 : 15h34
Mis à jour le Lundi 25 Avril 2016 : 11h19
Source : D’après une interview du Pr Fabien Azoulim, chef de service d’hépatologie (Hospices Civils de Lyon) et directeur du laboratoire des Hépatites virales à l’Unité Inserm 1052 (Lyon), en direct du congrès EASL (Barcelone, 13-17 avril 2016).
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