Grossesse : une étude sur le Viagra se solde par la mort de 11 bébés

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Un essai clinique a été interrompu en urgence aux Pays-Bas, après la mort de plusieurs bébés. Le Viagra, prescrit afin de stimuler leur croissance avant la naissance, est jugé responsable.

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Onze nouveau-nés sont morts à l'occasion d'un essai clinique organisé aux Pays-Bas. Celui-ci a été interrompu en urgence, annonce l'un des centres coordinateurs. Au cœur des soupçons, un médicament bien connu du grand public : le Viagra® (sildénafil). Indiqué dans les troubles de l'érection, il était testé contre le retard de croissance du fœtus.

Plus de 200 femmes enceintes ont pris part à cet essai clinique, lancé en 2015. Toutes avaient reçu le même diagnostic : au lieu de grandir à un rythme normal, leur futur enfant souffrait d'un lourd retard de croissance, pouvant avoir un impact sur leur santé à venir.

Une lueur d'espoir

Les volontaires ont accepté de recevoir soit du Viagra®, soit un placebo, sans savoir quelle molécule leur serait attribuée. L'objectif de cette première série de tests était d'évaluer l'innocuité du médicament mais aussi son impact sur le développement du fœtus.

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Actuellement, aucun traitement n'existe pour corriger un retard de croissance  in utero. Une solution est pourtant nécessaire, car les chances de survie après la naissance peuvent être très faibles.

Des travaux précédents, menés notamment sur l'animal, ont justement suggéré un effet positif du Viagra®. Le médicament aurait tendance à améliorer le fonctionnement du placenta en dilatant les vaisseaux sanguins.

L'essai clinique s'est déroulé de manière bien moins positive. Le traitement augmente de manière considérablement le nombre de complications par rapport au placebo. Les scientifiques ont enregistré un nombre plus élevé d'hypertensions pulmonaires et de décès dans le groupe exposé au sildénafil.

Beaucoup trop de complications

93 femmes ont reçu le principe actif. Parmi elles, 19 ont été confrontées au décès de leur enfant – dont 11 à cause d'une hypertension pulmonaire. Six bébés ont développé la même pathologie mais ont survécu.

Dans le groupe sous placebo, composé de 90 femmes, neuf nouveau-nés sont décédés. Aucun d'entre eux n'a développé d'hypertension pulmonaire. Trois des survivants ont développé une telle pathologie.

Ces complications ne s'accompagnent d'aucun bénéfice. Ce qu'avait déjà observé par une équipe britannique en février 2018. Elle avait alors conclu que la prescription de Viagra® ne devait pas s'établir sans consentement explicite de la patiente.

"Sur la base de ces résultats, l'étude s'est arrêtée immédiatement", annonce dans un communiqué le centre médical de l'université d'Amsterdam (Pays-Bas), l'un des principaux centres coordinateurs.

L'ensemble des participantes ont, par la suite, été informées du type de traitement qu'elles ont reçu. Toutes bénéficient d'un accompagnement approprié à leur situation.

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