Grossesse après une chimio : possibilité de prendre un ovaire congelé

L'espoir progresse dans ce domaine. La chimio et la radiothérapie s'accompagnent souvent d'une ménopause précoce et de stérilité. Nombre de pistes sont aujourd'hui explorées dans l'espoir de contourner ce phénomène et de donner une chance aux femmes de pouvoir mener une grossesse, une fois guéries de leur cancer. La cryoconservation d'ovaire fait partie des nouvelles pistes.

Déconseillées, inapplicables dans la plupart des cas, encore expérimentales, les idées ne manquent pas, mais leur réalisation est le plus souvent très hypothétique ou limitée. Quoi qu'il en soit, les recherches se poursuivent et vont bon train. La démonstration de l'une d'entre elles est toutefois bien avancée. Après la cryoconservation d'embryons, puis d'ovocytes, c'est au tour de l'ovaire ! Un premier succès vient en effet d'être documenté.

Avant d'être traitée par chimiothérapie et greffe de moelle pour un cancer du sein, l'ovaire d'une jeune femme de 30 ans a été prélevé et des fragments de cet organe ont été cryopréservés. Une fois guérie, cette patiente présentait une ménopause précoce. C'est ainsi que six ans plus tard, face à son désir de grossesse, les médecins ont décidé de lui réimplanter, sous la peau abdominale, des fragments de tissu ovarien. Trois mois après cette auto-transplantation, la fonction hormonale de l'ovaire était rétablie. Durant les cycles suivants, des ovocytes ont été prélevés. Sur les vingt ovocytes prélevés, trois ont été jugés aptes à être fécondés in vitro. Une fois la FIV réalisée, un seul embryon a été obtenu et a été implanté dans l'utérus de cette patiente. C'est ainsi que la grossesse est en cours. Souhaitons qu'elle se poursuive normalement et qu'elle mène à la naissance d'un beau bébé.

Cette première est encourageante car elle démontre la faisabilité de cette procédure. Il est donc possible d'auto-transplanter du tissu ovarien plusieurs années après le prélèvement, lequel est capable de reprendre des fonctions hormonales.

Toutefois, restons prudents. Nous ne connaissons pas encore l'issue de cette grossesse, et cette technique est encore loin d'avoir révélé toutes ces facettes.

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Source : The Lancet, 363 : 837-840, 2004.