Faux diagnostic de cancer : elle perd un sein suite à une erreur de laboratoire

Publié par Freya Yophy
le 29/04/2026
hospitalisation
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Photo d'illustration
Une Italienne de 35 ans a subi l'ablation d'un sein par erreur suite à une inversion de prélèvements, déclenchant une âpre bataille judiciaire pour obtenir réparation d'un préjudice inestimable.

En 2017, un examen de routine s'est transformé en cauchemar éveillé pour une jeune femme à l'hôpital universitaire de Padoue, en Italie. Persuadée de souffrir d'une tumeur agressive, cette patiente a subi l'ablation totale d'un sein sain, une tragédie déclenchée par une simple faute d'étiquetage de prélèvements biologiques en laboratoire.

Une inversion d'échantillons aux conséquences irréversibles

Lors de ses examens initiaux, une biopsie diagnostique un carcinome mammaire très agressif. Face à l'urgence, les chirurgiens pratiquent une mastectomie totale du sein gauche. Le paradoxe de cette histoire réside dans la gratitude de la patiente : juste après son opération, elle félicite l'équipe médicale, convaincue d'avoir échappé à la mort. 

Pourtant, quelques jours plus tard, l'analyse des tissus retirés ne montre aucune trace de cellules cancéreuses. L'équipe médicale interprète ce résultat comme une réussite totale de l'intervention, ignorant le signal d'alerte. Il faudra attendre une contre-expertise en 2024 pour qu'un test ADN confirme que les échantillons analysés appartenaient à une autre femme.

Traumatismes profonds et chirurgies de reconstruction

De 2017 à 2024, la victime affronte son quotidien avec la certitude d'être une survivante du cancer, subissant l'angoisse permanente d'une éventuelle récidive. Pour tenter d'atténuer les dommages esthétiques et fonctionnels, elle endure six interventions de chirurgie reconstructive réparties entre Padoue, Parme et Lecce. 

Les experts médicaux mandatés sur le dossier soulignent une souffrance psychique majeure, caractérisée par une perte d'intégrité corporelle souvent assimilée à une "amputation du moi". Ce drame soulève également une interrogation effrayante concernant la seconde patiente, porteuse de la maladie, dont les prélèvements ont été intervertis et qui n'a probablement pas reçu les traitements nécessaires à temps.

Saisir la justice pour faire reconnaître le préjudice

Face à l'échec des tentatives de médiation avec l'établissement hospitalier, la victime décide de porter l'affaire devant la justice civile en avril 2026. L'objectif de cette procédure consiste à établir les responsabilités partagées entre le laboratoire de prélèvement et le centre d'analyse. 

Son avocate réclame aujourd'hui une indemnisation capable de couvrir les lourds frais chirurgicaux et l'impact psychologique dévastateur accumulés pendant sept années. Le tribunal a mandaté un expert judiciaire disposant d'un délai strict de quatre mois pour évaluer les dommages, ouvrant la voie à un éventuel procès ordinaire.

Renforcer la traçabilité des prélèvements médicaux

Cette affaire dramatique illustre les failles persistantes des protocoles de sécurité hospitaliers. Les rapports de sécurité sanitaire estiment que les problèmes d'étiquetage ou de manipulation représentent environ 36 % des erreurs de laboratoire

Moderniser le suivi des échantillons biologiques s'impose comme une nécessité absolue pour éradiquer ces défaillances administratives capables de détruire des vies entières.

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