Être le chouchou, c'est un fardeau

Dans une classe, dans une famille, il y a souvent un préféré. On peut l'envier ou le détester, souvent les deux à la fois !
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Pourtant, la place de chouchou n'est pas enviable. Bien entendu, on peut en retirer des avantages concrets, plus de cadeaux, plus d'attention, mais guère d'avantages affectifs, bien au contraire.

En effet, nous avons tous en nous un sentiment inné de justice. Nous percevons parfaitement l'injustice quand nous sommes « le chouchou », que ce n'est pas juste. Et les enfants font parfaitement la différence entre un enseignant qui apprécie un bon élève (ils l'admettent) et un enseignant qui montre des préférences exagérées (ils haïssent cette attitude). Tous les enfants à l'école détestent les enseignants qui montrent des préférences, y compris celui qui en est la cible. Car c'est pour lui un cadeau empoisonné. Il va être détesté, envié, laissé pour compte par ses camarades.

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Donner plus de droits, moins de limites à un enfant qu'à un autre, c'est le rendre plus faible, le mettre dans une sorte de cocon qui ne va pas l'aider à grandir. C'est aussi l'isoler de ses semblables, frères et soeurs ou camarades de classe.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les soeurs de Cendrillon étaient si méchantes ? Parce qu'elles étaient les chouchoutes de leur mère ! Comme il y a des avantages à l'être, il est difficile de refuser ce rôle. Mais on se déteste de le jouer et l'on peut devenir méchant, surtout pour celui qui souffre de l'injustice et qui de toute évidence, a le beau rôle. Il faudrait beaucoup de force pour refuser une injustice quand elle est pour vous avantageuse : c'est risquer de se mettre à dos quelqu'un que l'on aime. C'est pourquoi, les personnes ayant autorité sur les enfants ne devraient jamais les mettre dans une telle situation qui est celle d'un piège dont il est quasiment impossible pour un enfant de se libérer.

Publié le 18 Janvier 2005
Auteurs : Dr Catherine Solano
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