Encéphalite à tiques en Haute-Savoie : 13 cas d’encéphalite signalés en Haute-Savoie en 2026
Selon l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, 13 cas d’encéphalite à tiques ont été signalés en Haute-Savoie depuis le début de l’année 2026. Le département avait déjà enregistré 19 cas en 2025, soit le nombre le plus élevé observé en France cette année-là.
Plusieurs contaminations de 2026 ont été recensées dans le secteur du Reposoir ainsi que dans les vallées de Thônes. Ces données confirment l’installation durable du virus dans certaines zones alpines. Un foyer de onze cas avait déjà été identifié durant l’été 2024 entre Thônes et Annecy.
L’encéphalite à tiques est inscrite sur la liste des maladies à déclaration obligatoire depuis mai 2021. Ce dispositif permet à Santé publique France de suivre l’évolution géographique du virus et de détecter rapidement d’éventuels cas groupés.
Une transmission plus rapide que celle de Lyme
L’encéphalite à tiques est provoquée par un flavivirus principalement transmis par Ixodes ricinus, la même espèce de tique qui peut véhiculer la bactérie responsable de la maladie de Lyme.
Une différence importante sépare toutefois les deux infections. La bactérie de Lyme nécessite généralement un temps d’attachement prolongé avant de contaminer son hôte. Le virus de l’encéphalite à tiques, présent dans les glandes salivaires du parasite, peut être transmis beaucoup plus rapidement, potentiellement en quelques minutes. Retirer rapidement la tique demeure donc indispensable, mais ne garantit pas à lui seul l’absence de contamination virale.
La transmission peut aussi survenir, plus rarement, après la consommation de lait cru ou de fromage au lait cru provenant d’un animal infecté. En 2020, un foyer survenu dans l’Ain avait été associé à des produits fabriqués avec du lait de chèvre non pasteurisé.
Des symptômes neurologiques parfois sévères
Une grande partie des infections ne provoque aucune manifestation perceptible. Lorsque la maladie se déclare, elle commence généralement après une incubation d’une à deux semaines par des symptômes proches de ceux de la grippe :
- une fièvre soudaine ;
- des maux de tête ;
- des courbatures et des douleurs articulaires ;
- une fatigue inhabituelle.
Après une amélioration temporaire, certains patients développent une seconde phase marquée par une atteinte du système nerveux : méningite, encéphalite, troubles de la conscience, convulsions ou paralysie d’un membre.
Avec le sous-type viral présent en Europe occidentale, la mortalité reste inférieure à 1 %. Les conséquences peuvent néanmoins être lourdes : jusqu’à 40 % des cas présentant une atteinte neurologique conservent des séquelles, parfois durant plusieurs années. Aucun antiviral spécifique n’existe actuellement et la prise en charge reste uniquement symptomatique.
Les gestes indispensables après une sortie
Pour réduire les risques de piqûre, les autorités sanitaires recommandent de porter des vêtements longs et clairs, des chaussures fermées et, si possible, de rester sur les chemins dégagés. Un répulsif adapté peut être appliqué sur les zones découvertes en respectant ses conditions d’utilisation.
Au retour, inspectez soigneusement tout le corps, notamment les aisselles, l’arrière des genoux, l’aine, le cuir chevelu et la zone située derrière les oreilles. Les enfants doivent également faire l’objet d’un examen complet.
Si une tique est repérée, il faut la retirer immédiatement avec un tire-tique, puis désinfecter la zone. L’utilisation préalable d’éther, d’alcool ou d’huile est déconseillée.
Qui devrait envisager la vaccination ?
Depuis juin 2026, la Haute Autorité de santé recommande la vaccination à partir de 3 ans lorsque deux conditions sont réunies : résider ou séjourner dans une région où le virus circule activement, comme Auvergne-Rhône-Alpes, et pratiquer régulièrement une activité professionnelle ou de loisir exposant aux tiques.
Cette recommandation concerne notamment les professionnels forestiers et agricoles, mais aussi les personnes pratiquant fréquemment la randonnée, le bivouac, le trail, la chasse ou la cueillette en milieu naturel. La primovaccination comporte trois doses.
Le vaccin ne dispense pas des mesures de protection, car il ne protège ni contre Lyme ni contre les autres infections transmises par les tiques. Un médecin ou un pharmacien peut évaluer son intérêt selon le lieu de résidence, la fréquence des sorties et les éventuels facteurs de fragilité.
Sources