Ecstasy : les femmes sont plus sensibles

L'ecstasy, produit interdit par la loi, désigne une molécule chimique, la MDMA, appartenant à la famille des amphétamines. Il s'agit d'une substance psychoactive agissant sur le système nerveux. De nouvelles données viennent affiner nos connaissances sur les effets délétères de cette drogue redoutable.
PUB

Jusqu'à aujourd'hui, l'ecstasy était réputé, sans preuve formelle, altérer un système particulier dénommé sérotoninergique. Celui-ci agit sur des mécanismes qui commandent les sensations décrites par les consommateurs de cette drogue : impression de détente, augmentation de la confiance en soi, de l'empathie, de la sociabilité, facilitation des échanges, euphorie. Mais aussi, accélération du rythme cardiaque, augmentation de la pression artérielle et diminution de la fatigue. Parfois, des bouffées délirantes ont été décrites.

Les données d'une étude viennent confirmer cette suspicion d'interaction de l'ecstasy sur le système sérotoninergique.Mais au-delà, cette étude apporte quelques données supplémentaires intéressantes.

PUB
PUB

L'analyse a porté sur 117 personnes : 30 consommateurs d'ecstasy, 29 anciens consommateurs, 29 sujets n'ayant jamais pris cette drogue et 29 consommateurs de drogue autre que le MDMA. En utilisant une technique d'imagerie récente (la tomographie par émission de positons), les auteurs montrent que l'activité sérotoninergique diminue uniquement chez les consommateurs d'ecstasy. Ainsi, bonne nouvelle, il n'y a pas de différence entre les non-consommateurs et les ex-consommateurs. En d'autres termes, le fonctionnement cérébral redevient normal lorsque la consommation habituelle a cessé. Cette baisse d'activité est d'autant plus importante que la dose de MDMA est importante et d'autant plus basse que l'intervalle entre deux consommations est importante. Mais les chercheurs observent également un effet plus prononcé du MDMA chez les femmes par rapport aux hommes.

En conclusion, l'ecstasy modifie bien le système sérotoninergique, les femmes semblent plus sensibles aux effets délétères de cette drogue, et les effets sont réversibles à l'arrêt de la consommation.

Publié par Rédaction E-sante.fr le Mardi 03 Août 2004 : 02h00
Source : Buchert R. et coll., Am. J. Psychiatry, 161 (7): 1181-1189, 2004.