Déremboursement des pilules : les jeunes vont encore trinquer

Publié le 10 Septembre 2012 | Mis à jour le 24 Septembre 2012
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
© Istock

La commission de transparence est favorable au déremboursement des pilules de 3ème génération, au prétexte qu’elles pourraient provoquer davantage de risque de thrombose veineuse que les plus anciennes pilules.

Cette mesure concernerait le tiers des femmes sous contraceptifs oraux et pourrait soulever bien des problèmes.

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Faire des économies n’importe comment

Pas facile d’être un jeune dans cette société où le transfert générationnel ne se fait plus dans le bon sens. Cela fait un quart de siècle que, d’année en année, le pouvoir d’achat glisse des plus jeunes vers les plus âgés. Aux jeunes, la dette de la sécurité sociale, celle des retraites, les logements trop chers, le chômage de masse, les bas salaires, etc. Dans cette perspective, le déremboursement des pilules de 3ème génération ne serait pas une bonne nouvelle.

Au fait, pourquoi ces pilules de 3ème génération ont-elles été lancées ?

Tout simplement parce que chaque femme supporte plus ou moins bien chaque type de pilule et que le médecin adapte sa prescription à chacune de ses patientes.

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C’est ainsi qu’aujourd’hui la moitié desfemmes sous pilule en prend une de 2ème génération, un tiers une de3ème génération et le reste une de 4ème génération, non remboursées pour la plupart. Les pilules de 1ère génération ne sont plus prescrites qu’à 1,5 % des femmes.

Mais il faut regarder les choses de manière plus globale bien sûr. Alors que les autorités publiques font des campagnes pour promouvoir la contraception en vue de limiter le nombre de grossesses non désirées, qui restent à un niveau très élevé en France, le déremboursement des pilules aura des conséquences potentiellement lourdes pour certaines jeunes femmes.

Il faudrait faire des études d’impact des déremboursements de médicaments

Cette absence de vision globale semble devenir une constante. Il faut faire des économies et dérembourser le plus possible. Mais ce faisant, on néglige de faire des études d’impact de ces déremboursements.

  • Quand le Di-Antalvic a été déremboursé, cet antalgique bien toléré et bon marché a été remplacé par beaucoup d’autres potentiellement plus chers et moins bien tolérés.
  • Quand la Butazolidine a été déremboursée, cet anti-inflammatoire bien toléré et bon marché, réservé aux formes graves de polyarthrites rhumatoïdes, a été remplacée par les anti-TNF alpha beaucoup plus chers et beaucoup moins bien tolérés.
Soumis par la Rédaction le
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