Crack à Marseille : près de 500 usagers, la Ville appelle l’État face à une crise sanitaire

Publié par Freya Yophy
le 18/08/2026
crack marseille
New Planet Media
Crack : des conséquences graves pour le cœur et le cerveau
À Marseille, la consommation de crack devient de plus en plus visible autour de la gare Saint-Charles. Dépendance, atteintes cardiaques et détresse psychique : les risques sont majeurs.

L’été 2026 marque une aggravation préoccupante de la consommation de crack dans les rues de Marseille. Autour de la gare Saint-Charles et dans plusieurs quartiers du centre-ville, le nombre d’usagers en situation de grande précarité augmente, poussant les associations et les élus locaux à demander une intervention de l’État.

Cette situation dépasse désormais la seule question de la sécurité publique. Elle soulève également des enjeux majeurs de santé, d’hébergement et d’accès aux droits.

La gare Saint-Charles sous forte tension

Le secteur de la gare Saint-Charles concentre une part importante de la consommation de crack dans l’espace public. Les associations locales estiment qu’environ 200 personnes consomment ouvertement dans les rues de Marseille. En incluant les personnes sans domicile ou vivant dans des logements très précaires, ce chiffre pourrait atteindre près de 500 usagers.

Le phénomène ne se limite toutefois pas aux abords de la gare. Les équipes de terrain signalent également des consommations autour de Belsunce, de la porte d’Aix, de La Plaine, du cours Julien et dans certains secteurs des quartiers nord.

Les opérations policières déplacent régulièrement les regroupements sans nécessairement faire disparaître le phénomène. Les usagers quittent une zone pour se retrouver dans une autre, compliquant le travail des équipes sanitaires et sociales.

Les ravages sanitaires du crack

Selon Drogues Info Service, les effets du crack sont immédiats, intenses et de courte durée. La descente qui suit favorise un besoin puissant de consommer à nouveau. La dépendance peut ainsi s’installer rapidement, mais elle n’est pas automatique après une seule prise.

La consommation expose notamment à des complications cardiovasculaires, respiratoires et neurologiques : troubles du rythme cardiaque, infarctus, accident vasculaire cérébral, convulsions ou atteintes pulmonaires. Des troubles psychiatriques, comme des hallucinations, des épisodes délirants ou des attaques de panique, peuvent également survenir.

À ces risques s’ajoutent les conséquences de la grande précarité. Les personnes accompagnées par l’association Nouvelle Aube cumulent souvent absence de logement, rupture des droits sociaux, blessures non soignées et troubles psychiques importants.

Des associations confrontées à une demande croissante

Les équipes de Nouvelle Aube distribuent du matériel de réduction des risques et maintiennent un lien avec les personnes vivant dans la rue. Selon les témoignages recueillis par Le Monde, leur matériel peut être entièrement distribué après seulement quelques centaines de mètres de maraude.

Un bilan réalisé par le programme associatif Tempo en mai 2026 indique que le crack serait devenu le produit principal de plus de 60 % des usagers accompagnés localement.

Les associations alertent surtout sur le manque de solutions d’hébergement et de structures adaptées à la prise en charge des addictions. Deux petits lieux proposant respectivement 10 et 17 places doivent ouvrir, mais les professionnels estiment que ces capacités restent très insuffisantes.

Benoît Payan réclame un plan interministériel

Le 28 mai 2026, le maire de Marseille, Benoît Payan, a écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu pour réclamer un « plan interministériel spécifique ». La municipalité estime que ses compétences et ses moyens ne permettent pas, à eux seuls, de répondre à cette crise.

Les acteurs locaux demandent une action coordonnée mobilisant plusieurs domaines :

  • le renforcement des dispositifs de réduction des risques ;
  • la création de places d’hébergement temporaire ;
  • un meilleur accès aux soins et aux droits sociaux ;
  • l’ouverture de structures spécialisées en addictologie ;
  • une intervention policière ciblée contre les réseaux de trafic.

L’objectif consiste à associer la Santé, le Logement, la Justice et l’Intérieur, sans limiter la réponse aux seules évacuations de campements. Les élus et les associations craignent en effet que Marseille connaisse une situation comparable à celle observée autour de certaines scènes ouvertes parisiennes.

Les personnes concernées ou leur entourage peuvent contacter Drogues Info Service au 0 800 23 13 13, anonymement et gratuitement. En cas de douleur thoracique, de convulsions, de perte de connaissance ou de suspicion de surdose, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112.

Sources 

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