Cancer du poumon et tabac : les femmes trinquent !

Publié le 24 Avril 2002 à 2h00 par Dr Agnès Lara
Une grande étude épidémiologique sur le cancer du poumon vient d'être rendue publique. Elle montre que les femmes sont de plus en plus touchées par ce cancer, autrefois typiquement masculin. La consommation de tabac a fait progresser le nombre de cas de cancer du poumon de 75% en 20 ans... Plus sensibles que les hommes aux effets toxiques du tabac, la maladie atteint les femmes plus jeunes et pour une moindre consommation de tabac.
Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

La plus grande étude épidémiologique jamais réalisée en France dans le domaine de la pneumologie, « KPB 2000 », vient d'être rendue publique. L'étude a comptabilisé la totalité des cas de cancer du poumon enregistrés en France entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2000 : 5 667 nouveaux cas ont été enregistrés.

Le cancer du poumon se féminise dangereusement

Alors que 11% seulement des cas étaient des cancers féminins lors de la précédente étude en 1993, KPB 2000 fait état de 16%. Une féminisation qui se retrouve au niveau mondial.Aux Etats-Unis par exemple, la mortalité par cancer du poumon chez la femme a dépassé celle due au cancer du sein. Si l'on regarde la progression de la maladie au cours des 20 dernières années, on constate que le nombre de cas a augmenté de 75% chez les femmes, contre seulement 20% chez les hommes !

Résistance à la maladie : les femmes plus sensibles que les hommes

Il semblerait aussi que les femmes aient une plus grande sensibilité au tabac. Selon le docteur François Blanchon, pneumologue à l'hôpital de Meaux en Seine-et-Marne, « Il semble que les femmes aient moins besoin de fumer, et moins longtemps pour être touchées, probablement en raison d'une vulnérabilité biologique ou génétique plus grande que les hommes aux effets toxiques du tabac. » Cela se traduit par une proportion plus importante de malades jeunes (moins de 50 ans) chez les femmes (20% contre seulement 12,7% chez les hommes). Elles sont également atteintes plus tôt par rapport à la quantité de tabac consommée : il faut en moyenne 290 kilos de tabac à une femme pour développer un cancer du poumon, alors qu'il en faut 350 à un homme. Les femmes sont aussi plus sensibles au tabagisme passif, puisque 32,3% des malades sont non fumeuses. Par comparaison, ce chiffre n'est que de 2,5% chez les hommes.

Un diagnostic trop tardif

Selon « KPB 2000 », le diagnostic de la maladie est souvent posé trop tardivement. En moyenne, 113 jours, soit près de quatre mois, s'écoulent entre l'apparition des premiers symptômes (toux, crachement de sang, amaigrissement) et la détection de la maladie. Ce délai est encore de 80 jours entre la première radio du poumon et le diagnostic. C'est trop de temps perdu pour un cancer à évolution rapide comme celui du poumon ! Ainsi, 77% de ces cancers ne sont détectés qu'à un stade déjà très avancé, lorsque la tumeur a déjà relâché des métastases (amas de cellules cancéreuses) qui ont été s'implantées dans d'autres organes.

Au vu des résultats de cette étude, un seul mot d'ordre est à retenir : arrêter le tabac au plus tôt, surtout si l'on est une femme, et consulter le médecin au moindre doute.

Source : " Cancer du poumon : coup de tabac sur les femmes ". Egora.fr, site des professionnels de santé.