Cancer du poumon : la nicotine altère même la chimio

Publié le 18 Avril 2006 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
En plus de provoquer le cancer du poumon, le tabac diminue l'efficacité de la chimiothérapie. L'arrêt du tabac est donc essentiel à double titre : pour ne pas souffrir d'un cancer du poumon et pour pouvoir en guérir.
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Cancer du poumon : la nicotine est en cause

Non seulement le tabac est à l'origine du cancer du poumon, mais en plus il réduit l'efficacité des traitements.

Dans ce dernier cas, c'est la nicotine qui est en cause. En effet, rappelons que la nicotine n'est pas connue pour être cancérigène. Ce n'est donc pas elle qui est responsable du cancer du poumon, mais bien les substances contenues dans la fumée de cigarettes. Concernant l'interaction avec la chimiothérapie, la nicotine empêcherait la destruction des cellules tumorales.

Le cancer du poumon est particulièrement résistant à la chimio, la nicotine augmente encore cette résistance...

Ce phénomène est d'autant plus embêtant que certains types de cancer du poumon se révèlent de mauvais pronostic et particulièrement résistants aux traitements. Et il semblerait que cette résistance à la chimiothérapie est encore plus importante chez les patients qui continuent de fumer pendant le traitement. Afin de vérifier cette hypothèse selon laquelle la nicotine jouerait un rôle central dans la résistance aux traitements du cancer du poumon, des chercheurs ont réalisé des cultures cancéreuses humaines qu'ils ont exposées à la nicotine puis aux principales molécules utilisées en chimiothérapie. Ils constatent ainsi que la nicotine inhibe l'activité des substances habituellement administrées lors du traitement du cancer du poumon. Cet effet de la nicotine serait associé à une augmentation de la concentration de deux protéines impliquées dans la survie des cellules tumorales.

Les substituts nicotiniques aussi...

En conséquence, les malades traités pour un cancer du poumon qui poursuivent leur tabagisme sont très peu répondants aux traitements. Mais c'est également le cas des malades qui prennent des substituts nicotiniques. En pratique, les personnes atteintes d'un cancer encourent de gros risques s'ils persistent à fumer et ils devraient éviter le recours aux substituts nicotiniques en se tournant vers les autres aides au sevrage, le mieux étant de se faire aider par un tabacologue (thérapie comportementale, Zyban®).

Source : Dasgupta P. et coll., Proc. Nalt. Acad. Sci. USA, 6 avril 2006, édition accélérée en ligne.