Cancer du col et papillomavirus : questions / réponses (2e partie)

Publié le 04 Août 2008 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
Comment s'en protéger ? Quel dépistage ? Quels sont les traitements des lésions pré-cancéreuses ? Le Dr David Elia* répond concrètement à toutes ces questions.

Comment se protéger contre les papillomavirus ?

On ne peut pas vraiment se protéger contre les papillomavirus. Le préservatif ne peut pas être considéré comme une protection vraiment efficace contrairement à d'autres infections sexuellement transmissibles. Mais comme 80% des femmes se débarrassent spontanément des papillomavirus, l'inquiétude de la contamination avec les papillomavirus est un peu limitée. En revanche, c'est pour identifier les 20% de femmes restantes qui ne vont pas les éliminer, et qui peuvent à tout moment de la vie commencer une lésion, que le frottis de dépistage s'impose régulièrement à toutes femmes.

Une fois la lésion détectée, quel est le traitement ?

Il s'agit généralement d'un frottis montrant la présence de cellules anormales. On procède alors à une colposcopie, examen à " loupe " éclairante du col, pour repérer la lésion et pratiquer une biopsie, indispensable afin de vérifier la nature de la lésion. Il existe ensuite deux types de traitements : Si la lésion est située sur la partie externe sur le col, elle est facilement accessible au laser.

On réalise alors une vaporisation laser (désintégration de la lésion au rayon laser), une micro-intervention extrêmement précise. Si la lésion se situe à l'intérieur du canal du col, on ne peut utiliser le laser, celui-ci risquant d'abîmer le canal et d'avoir des conséquences pour la fécondité, pour l'accouchement, etc. On procède alors à une conisation, c'est-à-dire que l'on enlève un " coin " plus ou moins limité de col. Après le traitement, la patiente consulte pendant 2 ans pour un frottis tous les 6 mois et une colposcopie tous les six mois ou tous les ans, afin de s'assurer de l'absence de récidives.

Les frottis dépistant la plupart du temps des lésions pré-cancéreuses, on recourt à ces deux techniques. En revanche, lorsque les lésions sont déjà cancéreuses, les interventions sont beaucoup plus lourdes.

Qu'est-ce que le test HPV ?

Le test HPV (Human Papilloma Virus) est une recherche d'ADN des papillomavirus à partir du même prélèvement que celui du frottis (à condition que celui-ci ait été fait " en phase liquide " - petit flacon de liquide dans lequel " nage " la tête du petit balai de prélèvement - et non sur des lames de verre comme auparavant). Si le test HPV est négatif, on peut vraiment être sûr de l'absence de papillomavirus agressifs. Par contre, s'il est positif (en particulier pour les virus 16 et 18), on sait qu'il y a ou qu'il y a eu récemment une " attaque virale " de virus dangereux. Le test HPV n'est pas toujours remboursé, il l'est dans certaines circonstances (selon les anomalies décelées aux frottis).

Quel est ce vaccin contre les papillomavirus ?

La vaccination contre les HPV figure dans le calendrier vaccinal depuis 2007. Elle immunise contre les virus de type 16 et 18 qui sont responsables de 70% de lésions précancéreuses du col. Lorsqu'on est vacciné contre ces deux souches, on diminue ainsi de 70% le risque d'avoir une lésion par ces virus.

La protection n'est pas de 100% car il y a d'autres virus qui ne sont pas concernés par le vaccin, mais avec cette vaccination, on fait considérablement chuter le nombre de lésions précancéreuses chez les femmes vaccinées. Attention, les vaccins ne sont pas thérapeutiques, mais préventifs. Ils ne seront jamais aussi efficaces et aussi performants que s'ils ont été entrepris chez les filles qui n'ont jamais eu de rapports sexuels. C'est pourquoi la vaccination n'est remboursée que chez les filles de 11 à 14 ans (avec rattrapage jusqu’à 19 ans révolus).

Il existe deux vaccins, tous les deux remboursés. Le Gardasil® est dirigé contre 4 souches de virus (16, 18, 6 et 11) et confère ainsi une protection supplémentaire contre les condylomes vulvaires, contrairement au Cervarix® qui protège uniquement contre les types 16 et 18. La vaccination se fait dans le muscle de l'épaule et nécessite 2 injections à 6 mois d’intervalle.

Qu'en est-il des hommes ?

Les hommes sont des porteurs opportunistes éphémères. Ils sont susceptibles de transmettre les papillomavirus et éventuellement de se contaminer. Mais lorsqu'on examine les partenaires des femmes qui ont des papillomavirus, il est exceptionnel qu'on retrouve une lésion de type papillomavirus.

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Mots-clés : Papillomavirus