Brachythérapie: traiter le cancer de la prostate de l'intérieur

Publié le 10 Novembre 2008 à 1h00 par Julie Luong, journaliste santé
Les cancers de la prostate sont des cancers très fréquents. Dans le traitement des tumeurs bien localisées et peu agressives, la brachythérapie ou radiothérapie "interne" semble avoir fait ses preuves.
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Un cas complexe

Le cancer de la prostate est un cancer très fréquent, particulièrement en Europe et aux Etats-Unis. En raison de son caractère non agressif chez un grand nombre de patients, le dépistage systématique n'est généralement pas recommandé. Toutefois, ce cancer peut aussi se développer rapidement et, s'il n'est pas diagnostiqué à temps, causer des métastases pouvant entraîner le décès. C'est pourquoi il est recommandé aux médecins d'informer leurs patients dès l'âge de 50 ans sur les avantages et les inconvénients du dépistage.

Quels traitements aujourd'hui?

Lorsque le cancer de la prostate est localisé, il existe aujourd'hui trois grandes options de traitement: la prostatectomie, qui consiste à enlever chirurgicalement la prostate ainsi que les vésicules séminales; la radiothérapie externe; et enfin la brachythérapie dont le principe est d'irradier la tumeur au moyen d'implants radioactifs. Cette dernière technique présente notamment l'avantage de limiter les effets secondaires rencontrés dans les autres traitements comme les troubles de l'érection ou l'incontinence.

Des implants radioactifs

La brachythérapie consiste à introduire dans la prostate des grains radioactifs de la taille d'un grain de riz. Ils contiennent de l'iode 125 qui, pendant plusieurs mois, va dégager en continu des rayons visant à détruire le tissu tumoral. Cette forme de radiothérapie précise et très ciblée permet d'épargner au maximum les cellules saines alentour. Le succès de la brachythérapie dépend en grande partie de la planification de l'irradiation. Le lieu et la profondeur d'implantation des grains radioactifs sont calculés sur base d'images échographiques. L'implantation des grains dure d'une à deux heures et nécessite 1 à 3 jours d'hospitalisation.

Quelques précautions à prendre

Même si le risque d'irradiation est très faible, certaines précautions doivent être prises vis-à-vis des femmes enceintes et des enfants (ne pas les porter ni les asseoir sur ses genoux) pendant les deux premiers mois suivants l'intervention. En dehors de cela, il n'existe aucun risque puisque les sécrétions corporelles (salive, urine…) ne sont pas radioactives. Une fois inactifs, les grains sont laissés en place mais n'exercent aucune influence négative sur l'organisme.

Une efficacité à moyen et à long terme

Pendant les semaines qui suivent l'intervention, la brachythérapie peut provoquer une inflammation de la prostate et des voies urinaires, se manifestant par une envie plus pressante d'uriner, une sensation de brûlure ou du sang dans les urines. Ces effets indésirables tendent à diminuer au fil du temps. Par ailleurs, 25% des patients rapportent des problèmes d'érection dans les deux ans qui suivent la brachythérapie, ce qui reste plus rare que dans la radiothérapie externe. Plusieurs études ont par ailleurs montré que dans les cancers bien localisés et non agressifs, la brachythérapie donnait des résultats comparables à ceux de la chirurgie ou de la radiothérapie externe à moyen terme (5 ans) et à long terme (10 ans). Cette méthode peu invasive devrait donc avoir encore de beaux jours devant elle.