Bisphénol S, aussi dangereux que le bisphénol A ?

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Après l’interdiction du bisphénol A, reconnu dangereux et banni des contenants alimentaires en janvier 2015, est-ce bientôt au tour d’un autre composé de la même famille, le bisphénol S ? Une étude présentée aux Journées francophones de nutrition le 2 décembre 2016 (Montpellier) le place sur le banc des accusés.

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Après le scandale du bisphénol A, celui du bisphénol S ?

Le bisphénol A, une molécule contenue dans les plastiques, les boîtes de conserve et même sous forme libre sur les tickets de caisse, a été interdit en 2015. Reconnu comme perturbateur endocrinien, il a exposé pendant plusieurs décennies la population a un risque accru de maladies métaboliques et cardiovasculaires. Les industriels l’ont donc remplacé par des composés de la même famille dont le bisphénol S dont on ne sait pas grand chose, sans aucun recul sur sa potentielle toxicité. Sans être alarmiste, une étude* sur des rats interpelle. Il y aurait matière à s’inquiéter.

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Un signal inquiétant de pré-diabète sous bisphénol S

Dans cette étude, des rats ont été exposés à des doses plus élevées que les normes maximales autorisées en France qui viennent juste d’être revues à la baisse, par précaution. Néanmoins, malgré des doses qui restent faibles et administrées dans cette expérience via l’alimentation, l’impact sur la descendance de ces rats est déjà visible : leur sécrétion d’insuline en réponse à une injection de glucose est plus élevée. En clair, cela signifie que ces rats auraient potentiellement une diminution de la sensibilité des tissus à l’insuline (résistance à l’insuline du muscle, du foie etc.), premier pas dans la maladie diabétique.

J.J Liu, responsable de l’étude (laboratoire B2PE « Biologie et pathologie du pancréas endocrine » et Unité BFA ; CNRS UMR 8251, Paris) : « L’exposition fœtale et néonatale au bisphénol S induit des perturbations subtiles du métabolisme des glucides et de sa régulation par l’insuline. Comme avec le bisphénol A, l’exposition périnatale au bisphénol S induit une insulino-résistance. Cela signifie que pour conserver une concentration normale de glucose dans le sang, leur foie doit effectuer un surcroit anormal de travail en produisant davantage d’insuline ».

Un signal de pré-diabète à prendre au sérieux.

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Vendredi 02 Décembre 2016 : 14h41
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 12h13
Source : *Journées francophobes de nutrition (JFN. 30Nov-2 dec. 2016)  C065. J.Liu et al.
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