Bilinguisme, comment le cerveau filtre-t-il ?

Comment les personnes bilingues font-elles pour ne pas mélanger les mots d'une langue avec ceux d'une autre ? Le mystère vient d'être éclairci par une équipe de chercheurs allemands. Le cerveau de ces personnes met en place une sorte de filtre qui leur permet de classer instantanément les sons entendus comme appartenant à un langage ou à un autre. Ainsi, l'aiguillage se fait avant même l'analyse du sens et il n'y a pas de confusion possible.
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La science pénètre doucement mais sûrement les secrets de notre cerveau. Bien qu'ils conservent encore une large part de mystère, les mécanismes du langage sont peu à peu décryptés. Ainsi, des chercheurs allemands se sont intéressés au mécanisme de la parole chez des individus bilingues parlant le Catalan et l'Espagnol. Comment le cerveau s'y prend-il pour ne pas mélanger le vocabulaire d'une langue avec celui d'une autre, en particulier au cours d'une action aussi rapide que celle de la compréhension du langage parlé?

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont utilisé l'imagerie fonctionnelle par résonance magnétique. Cette technique permet de visualiser sur un écran les zones du cerveau qui sont actives au cours de la réalisation d'une tâche donnée. Les personnes bilingues qui se prêtaient à l'étude devaient appuyer sur un bouton lorsqu'on le leur demandait dans une des langues, tandis qu'ils devaient ignorer cet ordre si la demande était faite dans l'autre langage. L'imagerie fonctionnelle a ainsi pu montrer que les zones du cerveau impliquées dans l'analyse du sens du mot entendu, n'étaient pas sollicitées lorsque ce mot n'appartenait pas au langage en cours d'utilisation. En revanche, d'autres aires du cerveau impliquées dans l'analyse des sons l'étaient.

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En d'autres termes, cela signifie que chez les personnes bilingues, une étape supplémentaire intervient entre le moment où le message sonore arrive à l'oreille et le moment où ce message est décrypté par le cerveau. Cette étape supplémentaire agit comme un filtre, qui avant même l'analyse du sens, analyse les sons et les reconnaît comme appartenant à un langage ou à un autre.Ces résultats sont une bonne façon de nous rappeler que notre cerveau se façonne en fonction de notre vécu, ici en l'occurrence l'apprentissage de deux langues au lieu d'une seule.

Publié par Dr Agnès Lara le Mercredi 20 Mars 2002 : 01h00