Allergies en septembre : pourquoi l’ambroisie prolonge la saison des pollens

Publié par Freya Yophy
le 17/09/2026
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Allergies d’automne : cette plante prolonge les crises jusqu’en octobre
Éternuements, nez bouché, yeux rouges et toux persistent après la rentrée. En cette mi-septembre 2026, l’ambroisie reste fortement présente dans le centre-est de la France. Une météo chaude et sèche peut prolonger l’exposition, mais quelques gestes permettent de réduire les symptômes.

Pour de nombreuses personnes allergiques, septembre devait marquer le retour au calme. Pourtant, les rhinites allergiques se prolongent, accompagnées d’éternuements en salves, de démangeaisons, d’un nez qui coule et d’yeux larmoyants.

Cette persistance n’a rien d’inhabituel. Si les pollens d’arbres dominent au printemps et ceux des graminées jusqu’au cœur de l’été, l’ambroisie prend le relais entre la mi-août et la fin septembre. Sa pollinisation peut parfois se poursuivre jusqu’en octobre selon les conditions météorologiques.

Près de 30 % des adultes seraient concernés par une allergie aux pollens. Le réchauffement climatique contribue à allonger les périodes de pollinisation et peut augmenter la quantité de grains libérés dans l’atmosphère.

L’ambroisie reste très présente dans le centre-est

À la date du 17 septembre 2026, l’ambroisie constitue la principale menace pollinique dans plusieurs départements du centre-est, notamment de la Nièvre jusqu’au Gard, en passant par la Bourgogne-Franche-Comté et la vallée du Rhône.

Les urticacées, qui regroupent notamment les orties et les pariétaires, restent également présentes dans l’air, mais leur risque allergique apparaît plus faible à cette période. Elles ne figurent pas encore parmi les six taxons intégrés à l’indice national quotidien d’Atmo France.

Depuis 2026, la surveillance nationale est coordonnée par Atmo France et les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air, et non plus directement par le Réseau national de surveillance aérobiologique. Leur nouvel indice fournit une prévision à l’échelle de la commune pour le jour même et les deux jours suivants.

Presque une personne sur cinq allergique dans les zones les plus exposées

L’ambroisie à feuilles d’armoise est une plante invasive originaire d’Amérique du Nord. Elle s’installe facilement sur les terrains nus, les chantiers, les friches, les accotements routiers et certaines parcelles agricoles.

Une enquête régionale relayée en 2026 par Atmo France estime que 16,1 % des habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes sont allergiques à son pollen. La proportion atteint 19,3 % dans les secteurs les plus exposés, contre 11,4 % dans les zones où la plante est moins présente.

Son pouvoir allergisant est particulièrement élevé : quelques grains par mètre cube d’air peuvent suffire à déclencher des symptômes chez une personne sensibilisée. Les manifestations les plus fréquentes sont la rhinite et la conjonctivite, mais une toux, une trachéite ou une crise d’asthme peuvent également survenir.

La météo fait varier rapidement les concentrations

La quantité de pollen dans l’air évolue fortement d’un jour à l’autre. Une période chaude, sèche et venteuse favorise la floraison et le transport des grains sur plusieurs kilomètres. À l’inverse, une pluie durable plaque temporairement les pollens au sol et offre un répit aux personnes sensibles.

Cette accalmie peut être courte. Dès le retour du soleil et du vent, les concentrations remontent. Il est donc plus utile de consulter chaque jour l’indice pollinique de sa commune que de se fier uniquement à une tendance régionale établie plusieurs jours auparavant.

La pollution atmosphérique peut aussi accentuer les symptômes. L’ozone, les oxydes d’azote et les particules fines irritent les muqueuses respiratoires. Certaines interactions peuvent également modifier ou fragmenter les grains de pollen, facilitant la pénétration de leurs protéines allergisantes dans les voies respiratoires. Le cumul chaleur, pollution et pollens devient alors particulièrement difficile à supporter.

Les gestes qui réduisent réellement l’exposition

Pendant les journées où l’indice pollinique est élevé, plusieurs mesures limitent la quantité de pollen ramenée au domicile :

  • Aérer les pièces pendant au moins dix minutes, de préférence avant le lever ou après le coucher du soleil.
  • Se changer après une promenade et laisser les chaussures à l’entrée.
  • Rincer ses cheveux le soir afin de ne pas déposer les pollens sur l’oreiller.
  • Éviter de faire sécher le linge dehors, particulièrement lorsqu’il est humide.
  • Maintenir les vitres de la voiture fermées et remplacer régulièrement le filtre d’habitacle.
  • Reporter la tonte, le jardinage et les activités sportives intenses en extérieur lors des pics.
  • Porter des lunettes et, si nécessaire, un masque filtrant lors d’un passage dans une zone très végétalisée.

Ces mesures complètent le traitement prescrit, mais ne le remplacent pas. N’interrompez pas et ne modifiez pas vos antihistaminiques ou votre traitement contre l’asthme sans avis médical, même si les symptômes s’améliorent momentanément.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Une rhinite saisonnière récurrente peut être évoquée avec un pharmacien ou un médecin. Un bilan allergologique devient utile lorsque les symptômes se répètent, perturbent le sommeil ou résistent aux traitements habituels.

Une respiration sifflante, une oppression thoracique ou une gêne à l’effort doivent conduire à consulter rapidement. En cas de difficulté majeure à respirer, d’impossibilité à parler normalement, de lèvres bleutées ou d’inefficacité du traitement de secours habituel, il faut appeler le 15 ou le 112.

Signaler l’ambroisie sans s’exposer au pollen

La lutte contre la plante permet de réduire les émissions futures. Un pied repéré peut être signalé sur la plateforme publique Signalement Ambroisie, notamment lorsqu’il pousse sur un espace public, un bord de route ou une parcelle qui ne vous appartient pas.

Une personne allergique ne doit pas l’arracher elle-même. En pleine floraison, sa manipulation risque de libérer davantage de pollen. Sur un terrain privé, l’élimination doit être réalisée avec des gants et des vêtements couvrants, en suivant les recommandations locales. Signaler rapidement la plante reste essentiel : un seul pied peut produire plusieurs milliers de graines capables de persister pendant des années dans le sol.

Sources

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