Alerte à la contrefaçon de médicaments

Le trafic de faux médicaments ne cesse d’augmenter partout dans le monde. La France est épargnée pour l’instant par la contrefaçon de médicaments, mais des experts, réunis à Paris sous l’égide de l’Académie nationale de médecine, lancent l’alerte.

Publicité

Contrefaçon de médicaments : des risques graves pour la santé

Un médicament falsifié est un médicament qui ressemble à un vrai mais qui n’en est pas un. Dans 60% des cas, il ne contient aucun principe actif. Dans le cas de la contrefaçon, il peut être sous-dosé ou contenir des substances dangereuses. De l’éthylène de glycol a été retrouvé, par exemple, dans des sirops pour la toux. Dans tous les cas, ces faux médicaments entrainent des risques graves pour la santé : soit le malade ne guérit pas puisqu’on son traitement est inefficace, soit il meurt. Selon l’Ircam (Institut international de recherche anti-contrefaçons de médicaments), ce trafic causerait entre 700 000 à 2 millions de morts par an dans le monde.

Publicité
Publicité

Contrefaçon de médicaments : les pays développés ne sont pas épargnés

Les pays en développement sont les plus touchés par ce phénomène : on estime que les médicaments falsifiés représentent 20 à 30% du marché pour l’Afrique sub-saharienne et l’Asie du sud-est. Mais, longtemps à l’abri, les pays développés ne sont plus épargnés. Les États-Unis ont d’ailleurs réagi en mettant en place un système d’alerte. Si toutes les classes de médicaments sont concernées au niveau mondial, en Europe, selon l’Académie de médecine, « la fraude porte souvent sur des médicaments onéreux : anticancéreux, facteurs de croissance, immunosuppresseurs... ». En 2014, de fausses plaquettes d’un anticancéreux, l’Herceptin, ont été décelées au Royaume-Uni, en Allemagne et en Finlande.

Publié par Brigitte Bègue, journaliste santé le Mercredi 06 Avril 2016 : 17h09
Mis à jour le Mercredi 06 Avril 2016 : 17h29
Source : « Médicaments falsifiés : plus qu’un scandale, un crime », rapport de l’Académie de médecine du 8 décembre 2015, coordonné par le Pr Marc Gentilini, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, et le Dr Yves Juillet, président honoraire de l’Académie nationale de Pharmacie.
Manifeste de l’Académie nationale de médecine, de pharmacie et de l’Académie vétérinaire de France, 5 avril 2016.
PUB
PUB