Acné : pas de Roaccutane® en cas de dépression

Publié le 03 Décembre 2007 à 1h00 par Rédaction E-sante.fr
Le Roaccutane®, médicament indiqué contre l'acné sévère, ne doit pas être prescrit à des personnes ayant des antécédents psychiatriques, comme une dépression par exemple. Ce médicament fait l'objet d'une surveillance renforcée en raison de ses effets secondaires parfois dangereux.

Roaccutane® : médicament contre l'acné sévère

L'acné est une affection très fréquente chez les adolescents. Parfois légère, elle peut cependant devenir très handicapante lorsque le visage se retrouve très largement atteint par cette multitude de boutons et points noirs disgracieux. Les traitements existent pour aider les jeunes à passer ce cap plus ou moins difficile. En fonction du degré de l'acné, des applications locales (crème, gel, pommade…) sont proposées, accompagnées de conseils d'hygiène (nettoyage de peau, cosmétiques à éviter et à privilégier, etc.). Il existe également pour les formes modérées d'acné des médicaments sous forme de comprimés, à base d'antibiotiques ou de zinc. Dans les cas les plus graves, on recourt à l'isotrétinoïne ou Roaccutane®, dont il existe aujourd'hui des génériques portant d'autres noms (Curacne®, Procuta®, Contracné®).

Quelles sont les précautions d'emploi du Roaccutane® en cas d'acné sévère ?

Ce traitement est utilisé depuis une vingtaine d'années maintenant et se révèle généralement très efficace. Cette molécule agit en inhibant la sécrétion de sébum par les glandes sébacées, lesquelles, sous l'influence de la poussée hormonale de la puberté, ont tendance à produire trop de sébum, substance qui a alors du mal à s'évacuer et qui favorise la formation de boutons. Seulement voilà, le Roaccutane® et ses génériques présentent des effets secondaires et nécessitent des précautions d'emploi très strictes. C'est pourquoi ils sont exclusivement réservés aux acnés sévères.

Risque de malformations foetales

L'isotrétinoïne présente un effet tératogène, c'est-à-dire qu'il peut entraîner des malformations du foetus chez les femmes enceintes. La loi française impose donc avant toute prescription chez une femme ou une jeune fille de présenter un test sanguin négatif de grossesse au moins 3 jours avant le début du traitement, puis un mois après et ensuite tous les mois. Parallèlement, une contraception doit être mise en place un mois avant le début du traitement et durer jusqu'à un mois suivant l'arrêt du traitement. A noter que le Roaccutane® nécessite d'être pris sur une longue période, généralement plus de 6 mois. Les garçons sont également informés sur ce danger et priés de ne jamais « prêter » leur traitement à une copine.

Effets secondaires psychiatriques

Le Roaccutane® présente un autre effet secondaire dangereux : il augmente le risque de tentative de suicide. A ce titre, il fait l'objet d'une surveillance depuis 1995 et la notice a régulièrement été modifiée pour mettre en garde contre de tels effets psychiatriques. Au total, une vingtaine de tentatives de suicide et quinze suicides ont été enregistrés chez des personnes sous Roaccutane® ou un de ses génériques. La plupart présentaient des antécédents psychiatriques comme une dépression. La vigilance se renforce donc, tout comme l'information des médecins et des patients. Ce médicament est donc déconseillé aux personnes présentant des troubles psychiatriques ou des antécédents psychiatriques, aux personnes atteintes de dépression ou ayant eu un antécédent de dépression. Par ailleurs, il convient d'arrêter immédiatement ce traitement en cas de signes évocateurs de dépression.

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Source : Communiqué de presse de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) du 22 novembre 2007.