11 questions à poser à votre chirurgien avant une intervention

Publié le 31 Juillet 2017 à 15h46 par Louise Castillon, journaliste santé
Préparer une opération passe aussi par une meilleure information. Votre médecin est au premier plan pour répondre à toutes vos interrogations… 
En partenariat avec : Côté Santé

Mieux comprendre pour mieux vivre une intervention chirurgicale… Même si vous n’êtes pas un cador en médecine, vos doutes et vos questions ne doivent pas rester sans réponse. Une opération demeure une épreuve à surmonter, aussi bien au niveau physique que psychologique. Organisation pratique et survol théorique, vous serez rassurée d’éclairer les zones d’ombre et de vous projeter en toute confiance.

L’opération est-elle nécessaire ?

Mieux vaut poser la question bien avant que l’intervention ne soit programmée. Avant de décider du bien-fondé d’une opération, il est important d’envisager toutes les possibilités. Votre médecin doit prendre le temps de l’explication et de la pédagogie. Et vous ne devez surtout pas hésiter à lui poser toutes les questions qui vous passent par la tête. Vous vous sentirez rassurée et prête à faire un choix. Et rien ne vous empêche de prendre un deuxième avis médical pour confirmer votre décision…

Comment va se dérouler l’intervention ?

Sans entrer dans les détails techniques, vous apprécierez d’apprendre le déroulé dans les grandes lignes, pour vous préparer psychologiquement. Le médecin, en présentant la situation le plus clairement possible, va vous aider à mieux visualiser les différentes étapes, de l’anesthésie aux méthodes employées, l’action sur les organes, le réveil, mais également la récupération.

La chirurgie cervicale en images

Quels sont les risques ?

Bien évidemment le risque zéro n’existe pas… Le spécialiste reviendra avec vous sur les complications possibles, en prenant en compte vos paramètres de santé, des antécédents à votre état général. En médecine, le rapport bénéfices/risques guide les choix à faire. Une opération n’est pas un acte anodin et les conséquences sur la santé peuvent avoir des résonnances sur le long terme. La mission du chirurgien est de vous transmettre ce fragile équilibre qui prend en compte les bienfaits et les dangers de l’intervention.

Il y a des habitudes à changer avant une opération ?

Mieux vaut ne pas cacher des informations importantes à votre médecin. Il n’est pas là pour vous juger. Vous fumez, vous appréciez le bon vin ou vous êtes une adepte de la phytothérapie ? Ce qui peut être un détail pour vous, peut avoir des conséquences médicales. Quelques semaines avant une opération, il vous sera conseillé d’arrêter le tabac. En effet, la cigarette diminue le potentiel de défense de l’organisme et augmente les risques d’infarctus par trois pendant l’opération. Elle rallonge le temps de récupération en rendant la cicatrisation plus difficile et multiplie les risques d’infection par six. L’alcool provoque les mêmes effets.

Comment se préparer à une opération ?

Avec sérénité ! Le stress est un facteur à prendre en compte. Relaxez-vous en douceur en passant par la méditation ou le yoga. Évitez les déplacements en avion qui pourraient être déconseillés par votre médecin. Soignez votre sommeil et adoptez une alimentation équilibrée, riche en antioxydants pour booster vos défenses immunitaires.

L’anesthésie comporte-t-elle des risques ?

Les dangers de l’anesthésie se concentrent à trois niveaux : respiratoire, liés à un vomissement du patient dans les poumons et à des difficultés d’intubation, cardiaque et vasculaire. Ces risques peuvent être réduits grâce à une prévention efficace effectuée pendant la consultation pré-anesthésique et au respect des consignes par les patients, concernant notamment le jeûne.

Pourquoi faut-il jeûner avant une anesthésie générale ?

Avant une intervention, le jeûne est la règle pour éviter les complications opératoires pendant l’anesthésie. Le principal risque est que le patient vomisse dans ses poumons. Pas la peine de vous torturer en ne mangeant pas 24 heures avant de rentrer au bloc. Vous pouvez boire de l’eau ou du thé jusqu’à 2 heures avant l’opération. Quant à l’alimentation solide, le dernier repas doit remonter jusqu’à 6 heures avant de commencer l’anesthésie. Le jeûne s’adapte en fonction du type d’intervention à réaliser. Dans tous les cas, le dernier repas doit être léger.

Comment se passe le réveil ?

Sous-entendu « et si je ne me réveille pas »… Une fois l’opération terminée, le patient est emmené en salle de réveil. Une étape essentielle pour surveiller votre état et vérifier que votre réveil se passe sans complication. La salle de réveil a été rendue obligatoire par le décret de 1994 pour améliorer la sécurité de l’anesthésie et prévenir les risques post opératoires. Un protocole qui a permis l’élimination d’un des principaux risques lié à l’anesthésie, l’asphyxie au réveil, et qui permet également une meilleure prise en charge de la douleur.

La convalescence va être longue ?

Les progrès de la chirurgie mini invasive et du protocole d’anesthésie permettent un rétablissement plus rapide et moins fastidieux pour le corps. Évaluez le temps médian dont vous aurez besoin pour récupérer vous permettra de mieux planifier vos priorités dans les semaines qui suivent l’intervention.

Combien cela va-t-il coûter ?

Poser la question avant, évite les mauvaises surprises après… La plupart des interventions sont prises en charge et remboursées par l’assurance maladie, doublée d’une bonne mutuelle. À vous de vous pencher sur les prestations auxquelles vous avez droit et à chiffrer les dépenses annexes, comme une hospitalisation prolongée en chambre individuelle, une aide pour vous assister au quotidien, les traitements à suivre ou les thérapeutiques dites de confort. Un véritable budget à planifier pour se faire opérer l’esprit tranquille.

Et pour l’anesthésie ?

« La consultation pré-anesthésique reste capitale pour évaluer les risques et déterminer le type d’anesthésie qui conviendra le mieux à une intervention, explique le docteur Laurent Jouffroy, anesthésiste-réanimateur. Un interrogatoire complet mettra à jour vos antécédents, prendra en compte votre état de santé et vos traitements. Le choix de l’anesthésie se fait toujours en accord avec le patient. La consultation limite les risques de complications postérieures en décelant un terrain allergique ou une intubation qui sera difficile pendant l’opération. »

Vidéo : La chirurgie cervicale expliquée en vidéo

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Source : Magazine Côté Santé